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Pourquoi cette campagne ? 
La mort tragique de Chico Mendes, assassiné le 22 décembre 1988 au Brésil, était symbolique. L'homme incarnait le combat inégal que menaient depuis longtemps les peuples de la forêt amazonienne contre les grands propriétaires et les entreprises, brésiliennes et étrangères, exploitant et détruisant l'Amazonie. L'avenir de cette région vitale pour le monde était en jeu. De plus, au mois d'avril 1989, un nouveau prêt de la Banque mondiale au gouvernement brésilien de 500 millions de dollars devait être voté pour soutenir un projet impliquant la destruction d'une partie de la forêt.
C'est en 1970 que commença la véritable exploitation-destruction de la forêt et de ses ressources naturelles. Les incitations fiscales offertes par le gouvernement brésilien profitèrent avant tout aux grands propriétaires et aux multinationales qui y installèrent d'immenses ranchs d'élevage bovin. Pour la seule année 1988, plus de 100 000 km2 de forêts furent détruits dont la quasi totalité par les grands propriétaires.
Après des années de lutte de l'Alliance des peuples de la forêt, les paysans de l'Etat de l'Acre avaient obtenu la création de quatre réserves d'exploitation où ils récoltaient le latex mais aussi d'autres produits naturels. Leur système d'exploitation évitait ainsi la déforestation et assurait une vie digne à des milliers de familles. Chico Mendes était menacé de mort depuis plusieurs années par les grands propriétaires terriens liés à l'Union démocratique rurale (UDR) qui organisèrent son assassinat.
Un mois avant le vote de la Banque mondiale, nombreuses étaient les inquiétudes. L'un des prêts accordés par l'institution de Bretton Woods au Brésil avait directement servi à financer des projets en Amazonie malgré les critiques des organisations non-gouvernementales brésiliennes. Le nouveau projet concernait le développement du secteur électrique, géré par des entreprises publiques brésiliennes dont plusieurs actions devaient affecter l'Amazonie. Or, le pouvoir des pays du Nord pour accorder ou refuser un prêt était considérable. Leurs intérêts dans cette région du monde étaient multiples. La mort de Chico Mendes devait les amener à prendre des décisions compatibles avec la défense de l'environnement et des droits des populations de la forêt.
Les objectifs 
Empêcher le vote du nouveau prêt de la Banque mondiale au gouvernement brésilien prévu au mois d'avril 1989 en raison des risques de destruction d'une partie de la forêt amazonienne qu'il comportait. La campagne visait à faire de ce refus un acte symbolique pour amener le gouvernement brésilien et ses créanciers internationaux à modifier leurs politiques.
L'action 
Ecrire à la représentante de la France à la Banque mondiale et envoyer une copie de cette lettre à Agir ici. Tous les doubles reçus furent transmis au Président de la République, François Mitterrand.
Commander et diffuser des documents de campagne.
Avec le soutien de : 
ALDIS - CIMADE - CITIM - Collectif Africain de Défense de l'Environnement - Comité de soutien aux avocats brésliens exerçant auprès des travailleurs ruraux - Comité France-Brésil - CRIDEV - Frères des Hommes - IATMA - MAN (Mouvement pour une alternative non-violente) - MRJC - Opération Esperanza - Robin des Bois - SOLAGRAL - SURVIVAL International France - Terra Brasil
En lien avec : Réseau solidarité
Les résultats 
Le prêt de 500 millions de dollars que la Banque mondiale devait accorder au Brésil fut suspendu face à une pression internationale très forte aussi bien au Brésil qu'aux Etats-Unis et en Europe. (Il n'est pas fréquent de voir l'institution de Bretton Woods renoncer à des projets très lucratifs !) Les résultats de cette campagne internationale réjouirent l'ensemble des associations qui y avaient participé. Ils montraient l'existence d'un vaste mouvement de sympathie pour les populations de la forêt amazonienne ainsi que pour la défense de leurs droits et de leur environnement.
Plus de 2000 lettres de signataires d'Agir ici auxquelles s'ajoutaient celles des membres du Réseau Solidarité parvinrent à la représentante française à la Banque mondiale. Les deux lettres envoyées directement par le secrétariat national d'Agir ici à cette dernière, restèrent quant à elles sans réponse. En novembre 1989 Agir ici reçut Julio Barbosa, président du Conseil national des seringueiros, l'organisation dont Chico Mendes était l'un des leaders. Celui-ci, également menacé de mort, fit le point sur le combat mené par les peuples de la forêt et sur les alternatives de développement.
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