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 Cambodge : L'Europe peut agir pour la paix !

  Pourquoi cette campagne ?

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  Pourquoi cette campagne ?

Face au cynisme et à l'indifférence des Etats occidentaux à l'égard d'un pays ravagé par 20 ans de guerre, la campagne visait à obtenir de la CEE une déclaration et des engagements clairs favorisant la paix au Cambodge.
Au début de la décennie 90, le pays manquait de tout. Largement délaissée du temps des Khmers rouges, l'agriculture repartait tout juste mais était immédiatement menacée par la guerre menée par une coalition armée. Partisans des Khmers rouges, fidèles du prince Sihanouk et nationalistes de M. Son Sann contestaient un gouvernement mis en place par le Viêt-Nam en 1979 et dirigé par M.Hun Sen. Utilisant leur alliance de circonstance avec les autres coalisés, les Khmers rouges essayaient de changer leur image. En réalité, le terrorisme qu'ils pratiquaient dans les campagnes et leur contrôle sur la vie dans les camps prouvaient qu'ils n'avaient renié ni leur idéologie, ni leur méthodes. Les pays occidentaux, quant à eux, faisaient preuve de cynisme en continuant à soutenir plus ou moins directement les Khmers rouges. Ainsi, la coalition dont ils étaient membres détenait le siège du pays à l'ONU, et ce, grâce au vote de nombreux pays dont les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. La réunion des douze chefs d'Etat et de gouvernement de la CEE à Dublin en juin 1990 était l'occasion pour Agir ici d'interpeller ces décideurs sur le sort du Cambodge.

  Les objectifs

La campagne lancée par Agir ici visait à obtenir la création d'un camp neutre demandée par la grande majorité des réfugiés. Cette idée émise par l'ONU et reprise par le Premier ministre thaïlandais n'avait pas reçu l'appui de la communauté internationale. Il s'agissait également d'obtenir du gouvernement de M.Hun Sen, par la pression internationale, l'autorisation pour le CICR (Comité international de la Croix Rouge) et les organisations internationales de travailler dans tout le pays. Enfin, Agir ici demandait une augmentation de l'aide de la Communauté européenne au développement économique du Cambodge afin de répondre de façon plus appropriée et plus équitable aux immenses besoins des populations.

  L'action

Ecrire au Président de la République pour lui demander de faire pression sur ses homologues de la CEE afin qu'ils fassent une déclaration commune affirmant l'urgence de la paix et du développement au Cambodge et reprenant les objectifs de la campagne lors du sommet de Dublin des 25 et 26 juin 1990.
Commander des documents de campagne et les diffuser.

  Les partenaires

Terre des Hommes France

Avec le soutien de :

CCFD (Comité catholique contre la faim et pour le développement) - Cimade - Enfants et développement - Frères des Hommes - Handicap International - Peuples Solidaires - Terre des Hommes Allemagne

 

  Les résultats


Des milliers de lettres furent adressées au président de la République, François Mitterrand. Une seule copie de lettre de la présidence dans laquelle celle-ci se contentait de rappeler la prise de position de François Mitterrand contre tout compromis avec les Khmers rouges parvint au secrétariat d'Agir ici. Malgré la demande d'Agir ici et la proposition de la présidence irlandaise de mettre à l'ordre du jour cette question, les douze chefs d'Etat de la CEE réunis à Dublin le 26 juin 1990, ne firent pas de déclaration sur le Cambodge. Selon les associations irlandaises qui avaient beaucoup interpellé leur gouvernement dans ce sens, ce furent les délégations italiennes et françaises qui traînèrent le plus les pieds. La principale initiative diplomatique sur le Cambodge vint des Etats-Unis qui annoncèrent en juillet 1990 qu'ils ne voteraient plus aux Nations unies pour l'attribution du siège du Cambodge à la coalition menée par Sihanouk et les Khmers rouges.
La création au Cambodge en septembre 1990 du CNS (Conseil national suprême : gouvernement de Phnom-Penh, Sihanoukistes, Son-Sannistes et Khmers rouges) ne résolut rien. L'Assemblée générale des Nations unies vota le 15 octobre 1990 pour l'attribution du siège du Cambodge au CNS. La résolution ne faisait aucune allusion ni aux massacres perpétrés par les Khmers rouges entre 1975 et 1979, ni à la nécessaire proclamation d'un cessez-le-feu. Seule embellie : l'embargo contre le Cambodge décrété en 1980 n'était plus mentionné dans les dernières résolutions d'où une ouverture à l'aide économique et humanitaire internationale. Fin septembre 1990, les ONG dont Agir ici furent reçues au Quai d'Orsay pour présenter leur analyse de la situation du Cambodge. Lors de la réunion au ministère des Affaires étrangères, Agir ici réaffirma son souhait de voir la France et, grâce à elle, la CEE jouer un rôle plus actif dans la recherche de la paix au Cambodge.

 

 

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