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Pourquoi cette campagne ? 
Trois mois après l'annexion du Koweït par le régime dictatorial de Saddam Hussein et face à l'imminence de la guerre qui prit le nom de " guerre du Golfe ", Agir ici lançait un appel pour garantir la paix et la sécurité au Moyen-Orient. Cette campagne urgente s'inscrivait dans l'ensemble des initiatives pour une issue pacifique aux conflits du Moyen-Orient. Convaincue que la guerre était la pire des solutions car elle aggraverait la fracture entre les peuples du monde arabe et les sociétés privilégiées des pays riches, Agir ici appelait le Conseil de Sécurité de l'ONU à adopter une résolution exigeant l'organisation d'une conférence Internationale de Paix réunissant l'ensemble des parties concernées. Cette conférence était indispensable pour que l'ONU et le droit international restent crédibles aux yeux du monde et en particulier aux yeux du monde arabe.
Cette proposition de conférence visait à faire un pas concret pour sortir de la logique de guerre, pour permettre au Koweït de recouvrer son indépendance après le retrait des troupes irakiennes en évitant toute intervention militaire et pour établir une paix durable dans la région.
Il s'agissait de promouvoir des discussions débouchant sur l'application des résolutions des Nations unies restées sans effet concernant l'occupation israélienne de la Cisjordanie, de la Bande de Gaza, du Golan et du Sud-Liban. Et aussi de permettre le retrait des troupes syriennes du Liban.
Dans ce conflit hyper médiatisé, le poids de l'opinion publique comptait énormément. Les citoyens de l'un des pays ayant participé au surarmement de plusieurs Etats de la région ne pouvaient rester silencieux et devaient rappeler à leurs décideurs que les " intérêts fondamentaux " de la France n'étaient pas seulement économiques. Cette crise concernant le monde entier prenait les allures d'un conflit Nord/Sud dans lequel les pays riches risquaient d'apparaître comme les défenseurs d'un ordre international injuste.
Les objectifs 
Les associations appelaient à l'application des résolutions des Nations unies tout en étant conscientes qu'une paix durable dépendait aussi :
- du droit du peuple palestinien à disposer d'un Etat et de la reconnaissance de la sécurité de l'Etat d'Israël
- du retrait des forces militaires étrangères maintenues dans les pays de la région
- de la réduction équilibrée des potentiels militaires et de l'arrêt des livraisons d'armes à l'ensemble des pays de la région
- d'accords équitables concernant la question cruciale de l'eau au Proche et au Moyen-Orient
- du prix du pétrole, de l'utilisation des revenus qu'il procure en fonction des besoins de l'ensemble des populations du Moyen-Orient, tenant compte des économies des pays du Sud non-producteurs de pétrole
- du respect des droits de l'Homme et des droits des peuples (notamment Kurdes) dans chacun des pays.
L'action 
Ecrire aux représentants des 5 pays membres permanents du Conseil de Sécurité de l'ONU : le Président de la République française et les ambassadeurs des Etats-Unis, de Grande-Bretagne, de Chine et d'URSS.
Les partenaires 
Avec le soutien de :
Association Médicale Franco-Palestinienne - Association France-Palestine - CEDETIM - CIDES (Toulouse) - CIMADE - Commission française Justice et Paix - Communautés de l'Arche - CRIDEV (Rennes) - Le Cun du Larzac - EIRENE - Fédération Artisans du Monde - Groupe d'Aide aux réalisations pour le Développement - IATMA (Bordeaux) - Ligue des Droits de l'Homme - Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté - Mission de France - Mouvement pour une Alternative Non-violente - Mouvement pour le Désarmement, la Paix et la Liberté - MIR (Mouvement International de la Réconciliation)
Mouvement des Objecteurs de Conscience - Mouvements contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples - Mouvement Rural de la Jeunesse Chrétienne - ORCADES (Poitiers) - La Pierre et l'Olivier - Peuples Solidaires - Service Civil International - Société des Amis Quakers - Temps Présent - Terre des Hommes France - Association française pour la FAO
Les résultats 
Seule une déclaration (sans valeur contraignante), adoptée le 19 décembre 1990 par le Conseil de sécurité, mentionna l'éventuelle tenue d'une conférence. Elle n'eut pas lieu. La guerre éclata au début de l'année 1991.
Cette campagne rencontra un accueil exceptionnel parmi les signataires d'Agir ici qui jouèrent un rôle moteur dans sa diffusion et au sein des réseaux associatifs. Cinquante-cinq mille documents furent diffusés. Agir ici publia, en lien avec les organisations réunies au sein du " Forum pour une paix juste et globale au Moyen-Orient ", un appel dans Le Monde. Les lecteurs du journal étaient invités à recopier une partie de l'appel et à l'adresser au Président de la République, à l'Ambassadeur d'Irak en France et au Conseil de sécurité de l'ONU. Ces lettres furent remises aux destinataires accompagnées d'une lettre leur demandant de tout faire pour mettre fin à la guerre, mettre un terme à l'occupation du Koweït et à la présence de troupes étrangères dans le Golfe et de convoquer une Conférence internationale de paix pour le Moyen-Orient. Agir ici et ses partenaires rencontrèrent en janvier 1991 l'un des proches conseillers du président de la République. Ce fut l'occasion pour les associations d'expliquer pourquoi elles pensaient que la "logique de guerre" dans laquelle la France s'était placée n'apporterait aucune solution aux nombreux problèmes du Moyen-Orient.
En mars 1991, après la guerre du Golfe, Agir ici lança une campagne (voir campagne n° 10) pour demander au ministre délégué au budget de ne pas toucher au budget de l'aide au développement pour financer les conséquences de la guerre.
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