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Pourquoi cette campagne ? 
Du 19 au 21 novembre 1991, devait se dérouler à Paris le Sommet de la francophonie. La campagne lancée par Agir ici relayait le large mouvement d'opinion qui avait traversé la plupart des pays africains invités. Depuis le précédent sommet, la situation avait évolué dans plusieurs pays. Le multipartisme s'était développé, des constitutions avaient été changées par référendum et des élections présidentielles libres organisées notamment au Bénin ou au Cap-Vert. Pourtant beaucoup de dirigeants restaient insensibles aux aspirations démocratiques de leur population et freinaient toute avancée dans le domaine des droits civiques et politiques. D'autres essayaient de donner à leur régime une façade démocratique (Zaïre, Gabon, Côte d'Ivoire&). Tous ces régimes continuaient pourtant à recevoir le soutien de la France, soutien sans lequel leur pouvoir aurait été très fragilisé. Alors que la contestation démocratique exprimait un sentiment de ras-le-bol légitime, le gouvernement français se devait d'adopter des positions beaucoup plus claires pour favoriser l'évolution démocratique de ces pays (appui aux forces démocratiques, limitation ou suspension de l'aide économique et de la coopération technique, arrêt de toute assistance militaire&).
Les objectifs 
Le sommet de la Francophonie était l'occasion pour Agir ici de rappeler à l'Etat les engagements pris un an auparavant lors du sommet franco-africain de La Baule. En avril 1990, dans la perspective de ce sommet, Agir ici avait lancé une campagne de lettres adressées aux députés pour demander que la politique française favorise les aspirations démocratiques qui s'exprimaient déjà dans plusieurs pays africains. Des dizaines de question furent posées au gouvernement pour qu'il s'explique sur le soutien accordé à des régimes autoritaires. Les associations dénoncèrent à La Baule la politique complaisante définie par la cellule africaine de l'Elysée, dirigée par Jean-Christophe Mitterrand, fils du Président.
Le ton du discours de François Mitterrand à La Baule se révéla encourageant. La France prenait enfin position pour favoriser la démocratisation en Afrique, facteur essentiel pour le développement du continent. Pourtant, le discours ne constitua pas un tournant dans la politique française à l'égard des pays africains. Le soutien de la France à des régimes non-démocratiques se poursuivit : Zaïre, Rwanda, Guinée, Centrafrique, Cameroun& La mise en pratique des principes affirmés à La Baule fut beaucoup plus lente que ne l'espéraient les oppositions démocratiques. Seules les décisions économiques furent mises en Suvre : annulation de la dette et transformation des dons en prêts pour les pays les moins avancés (PMA).
Un an après, quel constat ? Dans les faits le discours sur la prime à la démocratisation n'était pas appliqué. Le sommet de la Francophonie pouvait être l'occasion de faire enfin des choix politiques répondant aux aspirations des populations des pays invités à Paris.
L'action 
Interpeller le Président de la République, François Mitterrand, afin de lui demander, d'une part de mettre un terme aux relations de complaisance de la France avec certains régimes autoritaires ou coupables de graves violations des droits de l'Homme et; d'autre part de redéfinir une politique de coopération avec les pays francophones qui soit liée dans les faits au respect, par leurs dirigeants, des aspirations démocratiques des peuples.
Commander et diffuser des documents de campagne.
Les partenaires 
Avec le soutien de :
La Fédération Artisans du Monde - Peuples solidaires - le CIIP (Grenoble) - la Déclaration de Berne (Suisse)
En lien avec :
AQOCI (Association Québécoise des organisations de coopération internationale)
Les résultats 
Le président de la République de l'époque, François Mitterrand reçut plus de 10 000 cartes postales durant le premier mois de la campagne. Malgré la demande du gouvernement suisse de cantonner ce sommet au domaine culturel, le 4è sommet de la Francophonie fut un événement politique. François Mitterrand revint sur la question de la démocratie dans un discours qui ne remettait cependant pas en cause le soutien de la France aux régimes autoritaires refusant la démocratisation pourtant demandée par leur population.
L'initiative lancée par Agir ici connut un écho médiatique et politique important. L'association fut contactée par M.Matthyssens du cabinet de la ministre de la Francophonie, Catherine Tasca. Celui-ci faisait une distinction entre la politique multilatérale (menée par exemple par son ministère) et la politique bilatérale (celle de l'Elysée et du Quai d'Orsay), sous-entendant ainsi que la seconde pouvait être critiquée. La campagne d'Agir ici dérangea en haut lieu et les décideurs furent amenés à discuter de l'image qu'ils donnaient en maintenant leur appui à des régimes autoritaires et corrompus. Les associations québécoises regroupés au sein de l'AQOCI (Association québécoise des organisations de solidarité internationale) ont mené une campagne équivalente bien que moins critique dans la mesure où la politique canadienne de coopération était moins complaisante avec les régimes autoritaires que celle de la France. Dans le prolongement de la campagne, Agir ici proposa en janvier 1992 à toutes les personnes ayant participé à la campagne "Sommet de la francophonie" d'écrire au président de la République au sujet de la politique française à l'égard du Togo et du Zaïre. Et l'Elysée d'invoquer le principe de non-ingérence pour expliquer son silence. Durant la même période, le processus de démocratisation était également remis en question en Côte d'Ivoire et au Congo. Un collectif d'associations dont Agir ici se créa notamment pour défendre la démocratie en Côte d'Ivoire et interpeller les autorités françaises.
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