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Obtenir des modifications substantielles dans la préparation d'un gigantesque projet pétrolier au Tchad et au Cameroun, pour qu'il prenne en compte les intérêts des populations locales. Un consortium international composé dElf, Esso et Shell sest lancé dans un gigantesque projet pétrolier au Tchad et au Cameroun. Ces entreprises ont fait appel à des financements publics dont ceux de lAssociation internationale de développement (AID), filiale de la Banque mondiale. Or, cette structure a pour mission de financer des programmes de lutte contre la pauvreté des populations ! On pourrait rétorquer que les revenus dégagés à terme par lexploitation du pétrole permettraient un développement économique et social des populations. Mais, rien nest moins sûr. Lexpérience du Cameroun et dautres pays (Gabon, Congo, Nigeria, Birmanie) montre que la rente pétrolière sert avant tout à consolider les pouvoirs corrompus, voire dictatoriaux, en place. Les gouvernements tchadiens et camerounais nont dailleurs pris aucun engagement sur lutilisation des revenus pétroliers. Par ailleurs, il est acquis que ce projet aura de graves conséquences sociales et écologiques : de nombreuses personnes seront expropriées, des forêts abritant des pygmées seront détruites, la pollution pétrolière menacera les sources deau potable. Les populations concernées nont aucun accès aux informations sur le projet et sont tenues à lécart des décisions prises.
Le Ministre français de l'Economie et des Finances, le représentant de la France à la Banque mondiale et la compagnie pétrolière ELF.
Avec le soutien de :
Cette campagne a été reprise en France par plus de 20 associations de solidarité internationale, de défense des droits de l'Homme et de protection de l'environnement. |
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Le député tchadien Ngarléjy Yorongar a été condamné à trois ans de prison ferme pour diffamation envers le président de la République et le président de lAssemblée nationale. Sétant vu refuser laccès au dossier, les avocats de M.Yorongar nont pu assurer sa défense. Amnesty International lui a reconnu le statut de prisonnier dopinion. Dès lannonce de cette condamnation, les partenaires de la campagne Tchad-Cameroun se sont mobilisés. En France, M. Mamère a posé une question écrite au gouvernement. Le Président Déby, en visite privée à Paris, a été reçu le 28 juillet par M. Chirac, que nous avons interpellé à cette occasion. Le collectif a été reçu le 4 septembre par M. Josselin, avant son départ pour le Tchad. De son côté, le gouvernement néerlandais a demandé des commentaires indépendants sur létude dimpact réalisée par le consortium. Publiés le 2 juillet, ces commentaires critiquent sévèrement cette étude, lui reprochant de "manquer déléments essentiels" tels que, par exemple, la prise en compte de "linstabilité politique et institutionnelle" du Tchad, ou encore de sous-estimer les conséquences écologiques et sociales du projet sur la population. Par ailleurs, une mission dévaluation environnementale de la Banque mondiale a rendu un avis défavorable sur le tracé de loléoduc.
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