Today, 826 million people suffer from chronic malnutrition worldwide, among them 792 million live in developing countries. Two billion people lack essential micronutrients which severly affects their development abilities.
The World Food Summit (WFS), which was held in Rome in 1996, adopted the objective "to reduce the number of hungry people by half by 2015". What is the situation in 2001? The reduction has come to 8 million people a year instead of the expected 20 million. At this rate, the objective of 1996 will be achieved in...2030!
How long will this unacceptable situation last? What is preventing a positive development? The implementation process of the 1996 Plan of Action is very slow because states give with one hand and take back with the other.
The WTO (World Trade Organisation) negotiations on agriculture are likely to magnify the phenomenon. The WTO has a single creed : market liberalization, abolition of trade barriers. Thus, it leaves the door of local markets wide open to competitive imports.
The Common Agricultural Policy (CAP), first budget line of the European Union, supports an intensive agriculture with large surpluses. Export subsidies enable to reduce the prices of European agricultural products which compete with local productions. Can a small farmer in the Sahel region or in the horn of Africa compete with meat or corn produced by large European producers ? The consequences are definitive : disappearance of small local producers and increase in food insecurity.
It is high time to change these destructive practices. Two priorities: to recognize and support the right to protect the agriculture in the South and to control the European production in order to put an end to the exportation of surpluses which is detrimental to small farmers in the South.
In the context of the CAP reform, the WFS and the WTO meeting (which will respectively take place from November, 5th to November, 9th in Italy and from November, 9th to November, 13th in Doha, Qatar) offer the opportunity to rally around the promotion of these priorities.
En septembre 2001, Agir ici a lancé la campagne "FAO, PAC, OMC : la faim justifie les moyens !" en partenariat avec le CFSI (Comité français pour la solidarité internationale) et Solagral, et avec le soutien de près de 50 associations. Cette campagne vise à promouvoir des échanges agricoles équitables entre le Nord et le Sud pour lutter contre la faim. Elle cible le gouvernement français et la Commission européenne.
Deux dates devaient marquer la campagne en novembre : le Sommet mondial de l'alimentation (SMA) et la IVè conférence ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Suite aux événements du 11 septembre, le SMA a été repoussé au mois de juin 2002 alors que la conférence de l'OMC a été maintenue. De là à conclure que la priorité de nos dirigeants est davantage le commerce mondial que la sécurité alimentaire des peuples de la planète, il n'y a qu'un pas !
Suite au report du SMA, nous avons décidé de prolonger cette campagne jusqu'au 31 mai 2002. Les résultats présentés ici sont donc provisoires. Ce report est l'occasion de continuer la mobilisation pour décupler l'impact de la campagne.
Déjà 30 000 citoyens mobilisés
Près de 30 000 personnes ont déjà participé à la campagne. Elle a, par ailleurs, été diffusée à 90 000 exemplaires à ce jour.
Politis, Témoignage chrétien, Regards, La Provence, La Tribune, Le Dauphiné et de nombreux autres journaux l'ont évoquée. Au total, 60 articles s'en sont fait l'écho. Elle a aussi été citée lors d'émissions de radio et de TV et présentée sur plusieurs sites Internet dont ceux des Inrockuptibles et de Novethic.
Frilosité française
Le Haut conseil à la coopération internationale (HCCI) a remis le 8 octobre au Premier ministre un avis intitulé "Le Sommet mondial de l'alimentation : cinq ans après". Ce dernier reprend des préoccupations de notre campagne. Il conclut notamment ainsi : "Au niveau de l'OMC, c'est bien vers une profonde révision de l'accord agricole qu'il convient de s'engager. Il est nécessaire de reconnaître le droit à la protection pour tous les pays ou espaces régionaux et sous-régionaux fragiles et, en parallèle, la nécessité de stabiliser les cours mondiaux notamment en recourant à la maîtrise de la production dans les pays exportateurs."
Malgré cet avis et les milliers de cartes postales envoyées, nous n'avons pas reçu de réponse du Premier ministre. En revanche, les cabinets du ministre de l'Agriculture et du président de la République ont répondu à Agir ici.
Nous avons ainsi rencontré J. Bonnafont, membre du cabinet du président de la République et conseiller technique chargé des dossiers multilatéraux. Selon lui, le droit à la protection des pays du Sud est du ressort de l'OMC, de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) : la sécurité alimentaire est d'abord une lutte contre la pauvreté. J. Bonnafont reconnaît que les subventions de la politique agricole commune (PAC) représentent un vrai problème. Il existe, d'après lui, une véritable contradiction entre la vocation exportatrice de l'Union européenne et les droits des pays les plus pauvres à sauvegarder leurs agricultures, le tout en préservant les agriculteurs du Nord. Il s'agit de savoir s'il doit y avoir ou non au Nord une vocation exportatrice sur des produits de base qui entrent en concurrence avec les agricultures vivrières des pays du Sud.
Nous avons aussi rencontré P. Grandjouan, conseiller technique au cabinet du ministre de l'Agriculture et de la Pêche. Face aux effets néfastes du productivisme européen, une réforme de la PAC lui semble nécessaire. Selon lui, il faut, dans un premier temps, passer des aides dites de marché (notamment les aides à l'exportation) à des aides en faveur du développement rural ne participant pas au dumping des produits du Nord. Puis, les organismes internationaux (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, OMC, Banque mondiale et FMI) doivent jouer leur rôle dans l'intégration régionale des pays du Sud. Or, nous craignons que cela ait pour conséquence d'insérer ces pays dans le marché mondial actuel sans qu'ils obtiennent pour autant une véritable protection.
Par ailleurs, le blocage du gouvernement français sur la question des subventions aux exportations ne facilite en rien les négociations entre les pays de l'Union européenne.
Contradiction européenne
Nous avons rencontré K. Schmidt, membre du cabinet du commissaire européen au Développement, et D. Roberts, directeur général adjoint à la direction des Affaires internationales au sein de la direction de l'Agriculture de la Commission européenne.
Nous avons été frappés par la priorité donnée au dogme du libéralisme. Malgré les conséquences néfastes des accords de l'OMC et du libre-échange pour les pays pauvres, nos interlocuteurs se sont accordés à dire qu'il faut continuer à ouvrir les marchés et en atténuer les conséquences par des aides adaptées. Pour que les règles de l'OMC bénéficient aux petits pays producteurs, il faudrait qu'ils développent des produits plus compétitifs que ceux d'Europe et des Etats-Unis ! Ces derniers se sont aussi octroyé le droit de subventionner et de protéger leurs produits, ce même droit qui est interdit aux pays du Sud, même s'ils en avaient les moyens. Enfin, l'OMC ne doit pas appliquer un schéma de mesures identique pour tous les pays en développement mais doit tenir compte de leurs différences d'intérêts.
Certes, les deux directions sont préoccupées par une meilleure cohérence des positions européennes dans les négociations internationales et des politiques européennes d'agriculture et de développement. Mais tant que ces politiques resteront soumises ssaux idées d'ouverture des marchés sans système de protection des pays du Sud, la faim ne reculera pas !
Le second round nous attend !
La campagne se poursuit
Les enjeux électoraux français ne favorisent pas les prises de décision du gouvernement sur les questions agricoles. Les puissants lobbies agricoles savent se faire entendre aussi bien du président de la République que du gouvernement& Le constat est identique à l'échelon européen. Cependant plusieurs échéances prévues à court et moyen terme vont nous permettre d'accentuer notre mobilisation :
Le SMA devrait se dérouler du 10 au 13 juin 2002 à Rome. Agir ici, les partenaires de la campagne et d'autres organisations de solidarité internationale ont édité un texte reprenant les préoccupations de notre campagne. Au niveau international, un processus est en cours pour aboutir à la présentation d'un texte commun des organisations non gouvernementales (ONG) aux représentants des Etats lors du Sommet.
Du côté de l'OMC, la conférence de Doha de novembre 2001 a convenu de réouvrir les négociations agricoles. Les membres se sont engagés sur trois points "sans préjuger du résultat des négociations" : améliorations substantielles de l'accès au marché ; réduction de toutes les formes de subventions à l'exportation en vue de leur retrait progressif ; réduction substantielle des formes de soutien interne qui faussent les prix des produits agricoles. Les négociations devraient aboutir au plus tard le 1er janvier 2005. Mais les tensions sont fortes entre l'Union européenne et les Etats-Unis, entre pays exportateurs (Union européenne et Etats-Unis, mais aussi pays dits du groupe de Cairns dont font partie des pays du Sud gros exportateurs) et pays en développement.
Enfin, de nombreux pays poussent pour une réforme de la PAC en 2003 au lieu de 2006. Mais cette réforme intègrera t-elle le développement de l'agriculture du Sud au même niveau que la protection de l'agriculture du Nord ? Rien n'est moins sûr. C'est pourquoi nous devons continuer d'accentuer la pression sur les décideurs. Il s'agit donc aujourd'hui de tous nous mobiliser à nouveau en vue de la prochaine échéance du mois de juin.