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Pourquoi cette campagne ? 
"Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux " (Marcel Proust).
En générant plus de 3 300 milliards de francs de recettes, le tourisme est l'une des premières activités économiques mondiales, avec l'automobile et le pétrole. Malgré les fluctuations actuelles, l'OMT (Organisation mondiale du tourisme) prévoit une forte croissance sur le long terme. C'est pour les pays du Sud que l'augmentation du nombre de touristes sera la plus importante. Une chance pour le développement ? Lorsqu'un paquebot de croisière laisse comme seul souvenir 70 000 tonnes de déchets par an, on peut en douter. Car c'est l'industrie touristique des pays du Nord qui dessine le visage du tourisme. Et ce sont surtout les multinationales qui en récoltent les fruits. Au Sud, les devises ne font que transiter... tout en entraînant de multiples effets pervers. Le développement touristique implique en effet des choix (construction de grosses infrastructures, surexploitation des ressources, etc.) qui se font au détriment des besoins des populations et du respect de leurs droits. Par le décalage économique et culturel qu'il induit, le tourisme contribue également à la disparition des savoir-faire locaux et à l'émergence de nouveaux comportements socio-économiques : mendicité, prostitution, "folklorisation" des rites et des cultures...
Des initiatives ont été lancées pour faire du tourisme un vecteur de développement durable et le rendre profitable aux populations d'accueil. Des chartes et des labels ont été adoptés au niveau international ; des voyagistes établissent des codes de conduite à l'attention des voyageurs et se fixent des règles de déontologie... Mais ces déclarations d'intention, sans force contraignante, ne sont pas suivies d'effets. Alors c'est à vous, citoyen et touriste potentiel, de jouer un rôle clef dans la responsabilisation des acteurs de la filière touristique. Le début de l'hiver est une période propice pour les interpeller. Informez-vous sur la réalité sociale derrière les paysages de cartes postales, demandez des comptes aux voyagistes sur leurs pratiques, et privilégiez les plus responsables ! Il ne tient qu'à vous de concrétiser le rêve d'échange et de découverte que porte en lui le voyage, en faisant le plein d'éthique dans vos valises !
Les objectifs 
Cette campagne vise à promouvoir un tourisme responsable en demandant :
- aux agents de voyage français de mettre en application les principes de la Charte "Tourisme et éthique" qu'ils ont signée et de se soumettre à un contrôle indépendant ;
- au SNAV (Syndicat national des agents de voyage) d'inciter ses membres, par des mesures concrètes, à s'engager dans les démarches décrites ci-dessus ;
- au secrétariat d'État au Tourisme de contribuer à la promotion du tourisme responsable auprès du grand public.
L'action >> Participer en ligne
1. Signez et faites signer les cartes postales par votre entourage :
- envoyez la première à l'un des principaux agents de voyage mentionnés ci-dessous,
- envoyez les autres au SNAV et au secrétariat d'État au Tourisme.
2. Retournez le coupon-réponse à Agir ici afin que nous puissions évaluer le nombre de participants et vous transmettre les résultats de la campagne.
3. Commandez des documents de campagne et diffusez-les autour de vous.
Principaux agents de voyage (en chiffre d'affaires)
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Accor
M. Jean-Marc Espalioux
Président du Directoire
2 rue de la Mare Neuve
91080 Courcouronnes
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Club Med
M. Philippe Bourguignon
Président du Directoire
11 rue Cambrai - 75019 Paris
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Havas Voyages
M. Antoine Cachin
Président du Directoire
18 rue Trézel
92594 Levallois-Perret Cedex
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Nouvelles Frontières
M. Ralf Corsten
Président du Directoire
87 bd de Grenelle
75015 Paris Cedex 15
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Les partenaires 
Avec le soutien de :
AITEC (Association internationale de techniciens, experts et chercheurs) - AFVP (Association française des volontaires du progrès) - ASPAL (Association de solidarité avec les peuples d'Amérique latine) - ACPE (Association contre la prostitution enfantine) - CADR (Collectif des associations de développement en région Rhône-Alpes) - CANVA (Coordination de l'action non violente de l'Arche) - Centre de Recherche sur la Paix - CEVIED (Centre d'échanges et de voyages internationaux pour études de développement) - CLCV (Consommation, logement et cadre de vie) - Collectif Guatemala - CPCV Ile-de-France - CRID (Centre de recherche et d'information pour le développement) - Djembé - Ethicomundo - FAREP (Fédération des associations de recherche et d'éducation à la paix) - Fédération Artisans du Monde - Fédération loisirs vacances tourisme - FNCIVAM (Fédération nationale des centres d'initiatives pour valoriser l'agriculture en milieu rural) - France Amérique latine - France Libertés - FTCR (Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté de deux rives) - GRET (Groupe de recherche et d'échanges technologiques) - ISF (Ingénieurs sans frontières) - LIFPL (Ligue internationale de femmes pour la paix et la liberté) - Mouvement de la Paix - Peuples Solidaires - Plate-forme pour le commerce équitable - Réseau Jeunes Solidaires - RITIMO (Réseau d'information tiers-monde) - Secours catholique-Caritas France - Service Civil International - Survie - Terre des Hommes France - Tourisme et développement solidaires - UCJG-YMCA (Union chrétienne de jeunes gens) - UNCOVAC (Union de comités pour les vacances)
Les résultats 
En décembre dernier, Agir ici lançait la campagne "Quand les vacances des uns font le malheur des hôtes !". Celle-ci était destinée à promouvoir le tourisme responsable. Elle visait à sensibiliser l'opinion publique et les décideurs concernés aux méfaits engendrés par les pratiques touristiques actuelles. Elle rappelait enfin à quelles conditions le tourisme peut être un facteur de développe-ment durable.
Nous demandions donc aux agences de voyage et au syndicat national des agences de voyage (SNAV) de mettre en application les principes de la Charte "Tourisme et éthique", et au Secrétariat d'Etat au Tourisme de contribuer à la promotion du tourisme responsable auprès du grand public.
Une bonne couverture médiatique
Près de 15 000 personnes ont participé à la campagne. Ce résultat, un peu en deçà de nos espérances, nous montre que ce sujet ne remporte pas une large adhésion. Mais un des principes d'Agir ici est bien de lancer des campagnes sur des thèmes peu reconnus. Par contre, la campagne a connu un vif succès dans la presse. 43 articles ont été publiés, notamment par l'AFP, La Croix, Fémina Hebdo, l'Humanité, Ouest-France, Le Progrès de Lyon et des journaux spécialisés dans le tourisme comme Touriscopie et La gazette officielle du tourisme. La campagne a été présentée lors d'émissions TV - sur Voyage - et de radio dont Nostalgie et RFI. Enfin, les journaux spécialisés sur les comités d'entreprise suivent de près son évolution.
Un engagement politique confirmé
Avec l'arrivée de Mme Demessine au Secrétariat d'Etat au Tourisme en 1997, une politique éthique a vu peu à peu le jour. La Charte "Tourisme et éthique", inspirée du Code mondial d'éthique de l'OMT (Organisation mondiale du tourisme), a été lancée en 2000. Grâce à une politique volontariste du Secrétariat d'Etat, elle est maintenant signée par les plus grands professionnels du secteur. Il reste cependant qu'elle n'offre aucun caractère contraignant garantissant la mise en place effective des principes soutenus par la Charte.
Suite à la campagne de cartes postales, nous avons pu rencontrer des membres du Secrétariat d'Etat à deux reprises. Nous avons ainsi pu aborder les limites de cette Charte et échanger plus globalement sur les moyens de faire progresser les exigences éthiques en matière de tourisme. A cette occasion, le Secrétariat d'Etat nous a annoncé qu'il préparait, en partenariat avec des ONG, une brochure sur le tourisme solidaire à destination des comités d'entreprise. Cette initiative se révèle intéressante car ces derniers proposent essentiellement des voyages "forfait tout compris" à leurs salariés. Le 14 mars, au Salon mondial du tourisme, le Secrétariat d'Etat au Tourisme a organisé un atelier intitulé "Tourisme, éthique et mondialisation", qui réunissait des ministres de divers pays, des entreprises, des chercheurs et des ONG. La question de l'éthique n'a pas réellement eu sa place au sein des débats. Cela montre que le chemin qui reste à parcourir pour que le tourisme responsable fasse pleinement partie des préoccupations des entreprises est encore long. Néanmoins, cette réunion a clairement marqué la volonté politique du Secrétariat d'Etat de s'engager dans cette direction. L'actuel Secrétaire d'Etat J. Brunhes a réaffirmé, lors des conclusions du séminaire, la nécessité de sensibiliser l'opinion publique au tourisme éthique, ce qui rejoint une des préoccupations de la campagne.
Tour-opérateurs : encore des efforts !
Agir ici avait choisi de cibler les "poids lourds" des voyagistes : Accor, Club Med, Nouvelles Frontières et Havas. Comme nous le signalions dans la campagne, l'univers des voyagistes est extrêmement complexe. Certains créent les voyages et d'autres les distribuent, certains investissent directement dans les pays et d'autres font appel à des prestataires extérieurs&
Accor a répondu à Agir ici : "Aussi, lorsqu'il nous arrive d'être présents dans des pays où la situation en matière de droits de l'Homme est difficile, nous veillons à toujours être en mesure de garantir, par la mise en place de mesures appropriées que nos opérations sont conduites en conformité avec les valeurs de respect de la personne humaine, auxquelles nous sommes particulièrement attachés."* Il reste cependant à préciser qu'Accor reste l'un des premiers investisseurs français en Birmanie alors qu'Aung San Suu Kyi (leader des démocrates birmans et prix Nobel de la paix), relayée par des organisations de défense des droits de l'Homme, appelle au boycott du tourisme dans son pays jusqu'au rétablissement de la démocratie.
Par ailleurs, une résolution de l'OIT (Organisation internationale du travail) condamne le travail forcé (dont le tourisme est l'un des vecteurs) et demande aux entreprises de veiller à ce que leurs relations avec la junte birmane ne puissent être utilisées pour perpétuer cette pratique. Nous ne manquerons pas de relancer Accor à ce sujet.
Par ailleurs, le voyagiste Havas a répondu à tous les participants à la campagne : "En signant la Charte éthique du Tourisme, Havas Voyage a exprimé sa volonté de contribuer au développement d'un tourisme respectueux des grands équilibres." Une rencontre est prévue fin avril avec le président du Directoire.
Les discours affichés par ces entreprises font référence aux valeurs citoyennes et au respect des droits de l'Homme. Faut-il préciser qu'il existe un décalage entre le discours et la réalité ? Il est évident qu'une modification profonde des pratiques prendra du temps. Cependant, au-delà des discours, nous attendons malgré tout quelques engagements concrets qui démontreraient une réelle prise en compte des données éthiques.
Mobilisations futures
Mis en place par l'OMT, sur initiative des Nations unies, le Sommet mondial de l'écotourisme se déroulera en mai 2002 au Québec.
L'écotourisme est souvent présenté comme une réponse au développement durable. S'il est vrai qu'il permet de développer le tourisme tout en assurant une protection de l'environnement, cela se fait parfois au détriment des populations. Pour ne citer qu'un exemple, l'implantation du parc national Kahuzi-Biega au Congo a aussi abouti à l'éviction de plusieurs villages.
Par ailleurs, le terme d'écotourisme a été maintes fois galvaudé et détourné de son idée originelle. Ce Sommet permettra donc de rappeler les enjeux réels du tourisme responsable.
Enfin, du 26 août au 4 septembre 2002, se tiendra à Johannesburg le Sommet mondial sur le développement durable. Organisée par les Nations unies, cette rencontre vise à dresser un bilan dix ans après le Sommet de la Terre à Rio et à prendre des initiatives en faveur du développement durable. Dans ce cadre, une partie des débats portera sur la question du tourisme. Une nouvelle occasion de faire avancer les principes du tourisme responsable.
Courrier envoyé par Havas Voyages
Courrier envoyé par Accor
Pour en savoir plus 
Bibliographie
- Caravane, Alliance pour un monde responsable, pluriel et solidaire, n°7, décembre 2000, www.echo.org/caravan/fr
- "Faut-il boycotter les dictatures", Croissance, n°449, juin 2001
- Guide Birmanie : mode d'emploi, Info Birmanie, Balland, 2001, 60 FF (port compris)
- Le courrier de l'UNESCO, juillet-août 1999, www.unesco.org/courrier
- Le tourisme équitable (mémoire de recherche sur), Françoise El Alaoui, Paris, septembre 1999
- "Mondialisation : les dégâts du tourisme", Alternatives économiques, n°194, juillet-août 2001
- Tourisme, éthique et développement, Groupe développement, sous la direction de Pierre Amalou, Hervé Barioulet, François Vellas, Harmattan, 2001
- Tourisme : nouveaux acteurs, nouvelles pratiques, CDTM, décembre 2001, 9 euros
- "Vers un tourisme équitable", Revue de solidarité internationale, Ingénieurs sans frontières, n°48, 3e trimestre 2000, 15 FF
Sites web
Action Birmanie (association belge) : www.birmanie.net
Equations (association indienne) : www.equitabletourism.org
OMT : www.world-tourism.org
Secrétariat d'Etat au Tourisme : www.tourism.gouv.fr
Survival-France (association) : survival.wcube.fr
Tourism Concern (association anglaise) : www.tourismconcern.org.uk
UNEP (Programme des Nations unies pour l'environnement) : www.unep.org
UNESCO : www.unesco.org
WTTC (World Travel and Tourism Council) : www.wttc.org
Contacts
- ACPE (Association contre la prostitution enfantine)
14 rue Mondétour - 75001 Paris - Tél. 01 40 26 91 51
- www.acpe-asso.com
- CDTM (Centre de documentation tiers-monde)
20 rue Rochechouart - 75009 Paris - Tél. 01 42 82 07 51
- www.ritimo.org/cdtm75
- ECPAT (Association End Children Prostitution and Trafficking), c/o Groupe développement
BP 07 - 93352 Le Bourget Cedex - Tél. 01 49 34 83 13
www.ecpat.org
- Réseau Jeunes Solidaires 10 quai Richemont - 35000 Rennes - Tél. 02 99 30 48 11
- www.peuples-solidaires.org
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