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- La faim justifie les moyens ! -
Le Sommet mondial de l'alimentation / cinq ans après et la Conférence ministérielle de l'Organisation mondiale du Commerce qui se tiendront respectivement à Rimini (Italie) du 5 au 9 novembre et à Doha (Qatar) du 9 au 13 novembre, dans un contexte de réforme de la Politique agricole commune, offrent l'occasion de se mobiliser pour promouvoir de nombreuses propositions.
Il est en effet inacceptable que les objectifs de réduction de la faim et de l'insécurité alimentaire, en particulier dans les pays du Sud, ne soient pas atteints, alors que la communauté internationale s'y était engagée.
Les constats
Crises des agricultures au sud et au nord
- l'agriculture paysanne au Sud est menacée dans son existence par des prix internationaux artificiellement bas. Ceci constitue une atteinte directe dans la survie de millions de familles paysannes et une perte importante de richesses pour les pays du Sud ;
- l'agriculture des pays européens, notamment en France, s'est développée selon un modèle productiviste qui aujourd'hui atteint ses limites en termes de risques sanitaires et environnementaux. Elle a aussi des conséquences néfastes sur les agricultures du Sud.
Inefficacité des politiques en cours
- de façon globale, les engagements pris à Rome en 1996 de division par deux du nombre d'êtres humains sous-nutris en 20 ans ne sont pas respectés ;
- les stratégies privilégiées d'ouverture des marchés du Sud à l'importation de produits agricoles, loin de diminuer systématiquement l'incidence de la sous-nutrition, ont plutôt pour effet de mettre à mal les agricultures locales ;
- les aides apportées à l'agriculture européenne afin de renforcer les exportations agricoles ont augmenté la production sans tenir compte des conséquences environnementales, sanitaires et sociales ainsi que des répercussions pour les pays du Sud.
Les priorités
Pour lutter contre la faim nous devons promouvoir des échanges agricoles équitables.
Aujourd'hui preuve est faite que le marché ne peut à lui seul permettre l'éradication de la faim. Les petits agriculteurs sont les premières victimes de prix agricoles maintenus artificiellement bas sur les marchés internationaux.
A l'occasion de ces trois négociations, nous demandons au Président de la République, au Premier ministre et au Président de la Commission européenne :
- que le droit à la protection de l'agriculture du Sud soit reconnu et appuyé ;
- que l'Europe contrôle sa production pour mettre fin à l'exportation d'excédents préjudiciables aux petits agriculteurs du Sud.
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