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Pourquoi cette campagne ? 
Entre avril et juin 1990, des milliers de personnes participèrent au lancement de la campagne " Démocratie au Sud " et envoyèrent un mouchoir imprimé et noué à leur député. Le rôle prépondérant joué par le roi du Maroc au Sommet de La Baule et le lancement, annulé à la demande du roi, de " l'année du Maroc en France ", incitèrent Agir ici à interpeller certains décideurs français sur leur relation complaisante avec le régime marocain. Derrière une façade démocratique (multipartisme, presse diversifiée&), les droits de l'homme y étaient bafoués. Entre 1987 et 1990, le Parlement européen vota 7 résolutions condamnant le régime. Mais les intérêts français au Maroc était tels qu'aucun gouvernement n'avait jamais voulu remettre en cause les soutiens accordés à Hassan II.
Les objectifs 
Obtenir d'un maximum de députés membres du groupe d'amitié parlementaire France-Maroc qu'ils manifestent publiquement leur désaccord avec la politique menée par le roi du Maroc. Il s'agissait également de leur demander de poser une question écrite au gouvernement pour savoir comment étaient pris en compte, dans le cadre des relations franco-marocaines, les problèmes de démocratie au Maroc.
L'action 
Ecrire à un député membre du groupe d'amitié parlementaire France-Maroc.
Commander et diffuser des documents de campagne.
Les résultats 
En termes de mobilisation citoyenne, la campagne ne fut pas un franc succès puisque seulement 500 personnes y participèrent.
Dans un courrier adressé début novembre 1990 à Roland Dumas, Agir ici demandait à ce dernier de profiter de sa visite au Maroc pour faire connaître au Roi les graves préoccupations d'une partie de l'opinion publique française et d'en tirer les conséquences concernant les relations officielles franco-marocaines. Par ailleurs, suite à la campagne de lettres, une dizaine de députés répondirent. Plusieurs d'entre eux posèrent une question écrite et demandèrent une réunion d'urgence du groupe d'amitié France/Maroc à l'Assemblée. Agir ici encouragea les parlementaires à débattre lors de cette réunion des questions de fond posées par le soutien de la France au régime marocain. Le voyage des députés membres du groupe France-Maroc prévu en janvier 1991 fut reporté du fait de la guerre du Golfe. Pendant que les critiques officielles se taisaient, Agir ici et les associations de défense des droits de l'Homme au Maroc continuaient à intervenir pour que la France renouvelle ses reproches à l'égard du souverain marocain. La libération d'Abraham Serfaty, le plus connu des prisonniers politiques d'Hassan II, et donc le plus gênant, n'annonça pas de changement de politique. Le gouvernement français qui se réjouit de cet événement ne souffla mot des centaines de prisonniers politiques et disparus.
Pour en savoir plus 
Bibliographie
- "Rencontres avec le Maroc, Claude Ariam, Ed. La Découverte, 1989. - Notre ami le roi, Gilles Perrault, Ed. Gallimard, 1990.
- Rapport 1990, Amnesty International
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