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 Accords Sénégal-CEE : Soutenons la pêche artisanale menacée !

  Pourquoi cette campagne ?

  Objectifs       Action

  Partenaires    Résultats

  Pour en savoir plus

  Voir les autres campagnes sur la pêche"Ces accords pèchent : changeons le cap !" (mars 97) et "Pêche à Madagascar : Redressons la barre !" (oct. 00)

 
   

 

  Pourquoi cette campagne ?

Au début des années 90, l'appauvrissement des réserves en poisson provoqua une crise mondiale de la pêche. La pêche artisanale faisait vivre des millions de personnes au Nord comme au Sud. D'où la nécessité d'exploiter raisonnablement les ressources émanant de la mer. C'était le message de la campagne menée à la veille de la renégociation des accords de pêche CEE-Sénégal.
Dans les pays du Nord, la production ne suivait plus l'accroissement de la consommation. Ils s'approvisionnaient donc au Sud. Dans ce contexte d'internationalisation du marché, la pêche artisanale était menacée en particulier dans les pays du Sud. Parmi les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) partenaires de la CEE dans le cadre de la Convention de Lomé, le cas du Sénégal était l'un des plus représentatif. 75% des captures y était alors assurées par la pêche artisanale. Or le pays, dont la majorité de la population dépendait de cette activité, ne bénéficiait aucunement des retombées des accords de pêche le liant à la CEE sur lesquels il n'avait d'ailleurs pas son mot à dire.
Le sort de la pêche artisanale soulevait les questions de la gestion des ressources naturelles et de la protection des écosystèmes. Les nouveaux accords de pêche de la CEE avec le Sénégal se devaient donc d'être exemplaires afin que, lors des autres négociations, les intérêts des pêcheurs artisanaux des autres pays ACP soient à leur tour pris en compte.


  Les objectifs

Les réserves de poisson étant menacées dans le monde entier, les accords de pêche Sénégal-CEE devaient chercher à constituer des stocks en prévoyant des mesures efficaces de contrôle de l'effort de pêche. Les associations demandaient également que les accords considèrent comme primordial le soutien au développement de la pêche artisanale. Autre revendication : l'évaluation de la politique de transferts de bateaux vers les pays du Sud. En effet, celle-ci était conduite sans souci de la concurrence qui s'établissait entre des armements en grande partie contrôlés par des capitaux européens et les pêcheurs artisans contribuant largement à la vie économique de leur pays.
Parallèlement à la campagne d'Agir ici, le Collectif national des pêcheurs artisanaux du Sénégal se mobilisait et interpellait son gouvernement.

  L'action

Interpeller le Commissaire européen chargé de la politique de la pêche.
Commander et diffuser des documents de campagne.

  Les partenaires

Solafral            CCFD (Comité catholique contre la faim et pour le développement)

Collectif International d'Appui à la pêche artisanale (ICSF)

Avec le soutien de :

En France : CIMADE - Peuples solidaires - Fédération Artisans du Monde - Réseau Solidarité - Robin des Bois - Survie - Comité Local des Pêches maritimes du Guilvinec (Finistère) et de Cherbourg - CITIM (Caen) - CRIDEV (Rennes) - CRISLA (Lorient).
En Espagne, Italie et au Portugal : IEPALA (Espagne) - Fondo Vasco de Cooperacion (Pays Basque/Espagne) - Apostolado del Mar et Rosa dos Ventos (Galice/Espagne) - OIKOS (Portugal) - CISP - COSPE (Italie)

  Les résultats


La campagne connut un écho important. Quant aux négociations sur le nouvel accord de pêche Sénégal-CEE, elles restèrent bloquées entre mars et mai 1992 en raison d'oppositions sur les thèmes des compensations financières et des transferts de bateaux européens. La cause des pêcheurs artisans soutenue par les associations de la campagne ne semblait défendue ni par les autorités sénégalaises, ni par les hauts fonctionnaires européens. Les intérêts économiques de quelques gros armateurs européens et sénégalais pesaient, par ailleurs, très lourd. Parallèlement, une cinquantaine d'associations d'Europe et d'Amérique Latine co-signaient une lettre pour le Commissaire européen. La réponse de ce dernier à l'interpellation d'Agir ici et de ses partenaires fut décevante.
Malgré la mobilisation internationale, le texte du nouvel accord de pêche devait se révéler très insuffisant. En effet, il augmentait pour les bateaux européens les possibilités de pêche dans les eaux sénégalaises. En contrepartie, le texte prévoyait que le Sénégal reçoive 32 millions d'Ecus (11% de plus par an que dans le précédent accord) mais les crédits réservés aux programmes scientifiques sénégalais et aux bouses d'études furent sérieusement amputés (respectivement : moins 25% et moins 55%). Les ONG européennes rassemblées au sein d'une coordination pour des accords de pêche équitables réagirent vivement soulignant que le nouvel accord favorisait l'épuisement des stocks. Et les associations d'insister sur le fait que le texte ne tenait aucun compte de l'intense concurrence existant au Sénégal entre secteur artisanal et secteur industriel. D'où la nécessité que le Parlement européen aient des pouvoirs effectifs de contrôle des accords de pêche.
Les partenaires de la campagne suivirent de près les conséquences de ce texte voté pour deux ans. Enfin, en 1993, la coalition internationale pour des accords de pêche équitables fut créée afin de préparer la campagne de 1994.

 

  Pour en savoir plus

Bibliographie

- "L'homme et les ressources halieutiques", Jean-Paul Troadec, IFREMER, 1989.
- "La pratique des pêches", Jean-Pierre Revéret, L'Harmattan, 1991.
- "Les produits de la mer", Philippe Guiffre, Economica, 1990.
- "La pirogue et le chalutier et Pêcheurs du tiers-monde", CCFD, 1986.

 

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