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 Pour un moratoire des essais nucléaires de la France dans le Pacifique

  Pourquoi cette campagne ?

  Objectifs       Action

  Partenaires    Résultats

  Pour en savoir plus

  Voir la campagne "La non-prolifération nucléaire passe par l'arrêt définitif des essais" (fev. 95)

 
   

 

  Pourquoi cette campagne ?

En 1992, les Polynésiens, essentiellement Maohis, subissaient depuis 30 ans les essais nucléaires français. Ceux-ci leur avaient été imposés autoritairement et sans aucune information sur les dangers sociaux et sanitaires qu'ils encouraient. La France, loin de décoloniser, y déversait une masse financière énorme entraînant affairisme et corruption, paralysant la production locale au profit de l'import-export. Au début des années 90, la situation de la Polynésie était dramatique ; le pays ne couvrait que 12% de ses besoins de consommation, les Maohis étaient de plus en plus exclus face à une société de surconsommation, ce peuple vivait en grande majorité dans des bidonvilles et était durement touché par le chômage. Les élus et l'Eglise évangélique polynésiens réclamaient depuis plusieurs années déjà l'arrêt des essais et la tenue d'un référendum local. Ces appels se heurtaient au refus systématique des gouvernements français.
Outre les menaces pesant sur la culture et la vie sociale des Maohis, se posait la question des conséquences en matière de santé. Les autorités françaises affirmaient alors qu'il n'y avait aucun risque pour les populations. Cependant les témoignages de victimes de la radioactivité étaient nombreux. Or, la demande d'une enquête médicale indépendante se voyait systématiquement refusée.
Enfin les dégâts environnementaux étaient également considérables. Les atolls étaient fissurés de toutes parts. Des échantillons prélevés par différentes missions révélaient la présence de cobalt et de césium 134 radioactifs dans le lagon et en dehors de la zone militaire d'exclusion de Moruroa. Ces éléments démontraient que la libération de la radioactivité contenue dans le sous-sol avait commencé. Sachant que le sous-sol renfermait alors la radioactivité de 131 expériences, il y avait de quoi s'inquiéter ! Les conséquences pour la santé des populations et le milieu marin étaient incalculables.

  Les objectifs

La campagne entendait dénoncer la contradiction entre la récente signature par la France du Traité de Non-Prolifération (TNP) et la poursuite des essais nucléaires. En continuant sur cette voie, l'Etat encourageait indirectement la prolifération des armes nucléaires et des autres armes de destruction massive. Agir ici et ses partenaires demandaient à la France de se joindre au moratoire déjà appliqué par la CEI (Communauté des états indépendants) pour faire ainsi pression sur les autres puissances nucléaires afin qu'elles suivent son exemple. De même, les associations exigeaient de la France qu'elle signe le Traité d'interdiction partielle (TIP) des essais datant de 1963.

  L'action

Interpeller le ministre de la Défense pour qu'il mette un terme aux essais nucléaires français dans le Pacifique.
Commander et diffuser des documents de campagne.

  Les partenaires

Stop Essais ! - Solidarité Europe-Pacifique

Avec le soutien de :

AAFSCC - ALDEA - Les Amis de la Terre - Amis de TC - Assemblée Quaker France - Commission Justice et paix - Coordination de l'action non-violente de l'Arche - DEFAP (Service protestant de mission et de relations internationales) - Fédération Artisans du Monde - GSIEN - Le Jour de la Terre 1992 - LIFPL - Maison de la Vigilance - MAN - MDPL - MIR - Mouvement de la Paix - Pax Christi - PBI-France - RIFG - SOS Tahiti - Les Verts - les députés Verts français au Parlement européen - Amis de l'Arche-Lyon - Appel des Cent-Ariège - CODENE-MDPL - Confédération syndicale polynésienne - Groupe interparoissial de l'Eglise Réformée de Lyon - Rassemblement des Varois pour la Paix - Réseau Espérance-Potiers - Silence - AEMPGN-Belgique - Campagne allemande pour l'arrêt des essais nucléaires - IFOR - MIR-Italie - SSurs protestantes de Grandchamp

  Les résultats


Malgré la décision du chef de l'Etat de suspendre le programme 1992 des essais nucléaires, intervenue au cours de la campagne, Agir ici et ses partenaires décidèrent de la réaliser quand même, craignant qu'il ne s'agisse que de promesses électorales. Les associations maintenaient, donc, leur demande de signature du traité d'interdiction partielle, premier pas vers la participation de la France aux négociations pour une interdiction totale des essais. Face à la menace d'une reprise des essais en 1993, les partenaires de la campagne mirent l'accent sur le rôle que pouvait jouer l'opinion publique à cet égard. En effet, le moratoire sur les essais nucléaires en Polynésie devait prendre fin le 1er juillet 1993. Au-delà de cette date, tout dépendait donc du président. Selon les propos qu'il avait tenus fin 1992, la France ne devait reprendre ses essais que dans le cas où Américains et Russes décideraient de reprendre les leurs. Parallèlement, certains pays non-nucléaires menaçaient de ne pas renouveler leur signature du traité de non-prolifération qui arrivait à échéance en 1995. En avril 1995, à la veille de la conférence des Nations unies sur la non-prolifération nucléaire et un mois avant l'élection présidentielle, Agir ici lançait une nouvelle campagne. Celle-ci demandait aux autorités françaises en place (MM. Mitterrand et Balladur) de signer le TNP, d'accepter une révision de ce dernier tous les cinq ans afin de vérifier la bonne volonté des Etats signataires et de s'engager à ne plus faire d'essais (voir campagne n°28).

 

  Pour en savoir plus

Bibliographie

- "Les essais nucléaires français 1960-1988", A.Burrows, Greenpeace-Damoclès
- "Témoignages, Essais nucléaires français : des Polynésiens prennent la parole", CDRPC

 

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