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Pourquoi cette campagne ? 
Au début des années 90, plusieurs enquêtes avaient montré que les médicaments les plus fréquemment consommés dans les pays du Sud étaient, dans une large mesure souvent inadaptés voire dangereux. Les pays industrialisés partageaient la responsabilité de cet état de fait en laissant libre cours à l'exportation de médicaments non-autorisés, ou même retirés du marché. De plus, le marché pharmaceutique des pays du Sud était largement dominé par les firmes occidentales. La France, 5e exportateur de médicaments, exerçait souvent une situation de monopole dans ses anciennes colonies. Agir ici et ses partenaires lançaient cette campagne un mois avant le début de la discussion à l'Assemblée nationale du projet de loi modifiant les règles d'exportation des médicaments.
La politique des firmes occidentales dans les pays du Sud débouchait sur l'existence d'un " double standard " ; aux normes strictement contrôlées dans les pays du Nord, s'opposaient des normes lâches au Sud. Indications thérapeutiques élargies, effets indésirables et contre-indications minimisés, la publicité était l'un des exemples les plus probants de cette situation. Certains pays tentaient alors de mettre en place des politiques nationales dans le domaine pharmaceutique afin de promouvoir un usage rationnel des médicaments à un prix modéré. De nombreux obstacles les en empêchaient : pression des multinationales, corruption, manque de moyens (infrastructures, crédits, personnel)& Malgré plusieurs demandes auprès du ministère de la Santé émanant de l'association Frères des Hommes, il était impossible d'obtenir la liste officielle des médicaments sans AMM (Autorisation de mise sur le marché, délivrée par le ministère) exportés depuis la France. Or, de nombreux médicaments aux effets secondaires graves et interdits sur le marché français étaient présents notamment en Afrique francophone (Hemostyl, Dialyl, Glifanan&). Autant de produits dont, ni la loi de l'époque, ni le projet de loi (sauf en cas d'amendement) n'empêchaient l'exportation.
Les objectifs 
L'objectif de la campagne était de faire amender le projet de loi sur les médicaments afin d'interdire l'exportation de médicaments retirés du marché français. Par cette proposition, Agir ici et ses partenaires souhaitaient que la France aille au-delà des dispositions de la CEE. Alors que la commercialisation d'un médicaments dans l'Hexagone exigeait une autorisation (AMM) délivrée par le ministère de la santé à des médicaments ayant démontré leur intérêt thérapeutique, leur innocuité et leur qualité de fabrication, il en allait différemment pour les produits exportés. Le " certificat de libre vente " autorisant l'exportation ne prenait en compte que la qualité de fabrication. La directive communautaire, quant à elle, n'imposait pas aux pays exportateurs de fournir de certificat. Pire, la transcription en droit français de la directive prévue par le projet de loi était encore moins contraignante pour les fabricants. Agir ici et Pimed demandaient, par conséquent, dans leur propositions d'amendement que seuls les médicaments ayant reçu en France une autorisation de mise sur le marché puissent être exportés et qu'un document certifiant cette autorisation soit fourni par le ministère à la demande des pays destinataires ou des fabricants.
L'action 
Interpeller le Ministre de la Santé pour qu'il accepte les amendements au projet de loi proposés par les associations menant la campagne. Interpeller un député pour qu'il soutienne ces mêmes amendements.
Commander et diffuser les documents de campagne.
Les partenaires  PIMED (Pour une information médicale éthique et le développement)
Et avec le soutien de :
ACOICS Medicus mundi - Peuples solidaires
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Les résultats 
Les centaines de cartes reçues par chaque député spécialiste des dossiers " santé " dans chaque groupe politique furent efficaces puisqu'elles incitèrent une grande partie d'entre eux à intervenir auprès de leur groupe politique et du gouvernement. L'amendement adopté par le gouvernement constitua donc un virage à 180° par rapport au texte d'origine. La notion d'interdiction d'exportation y fut introduite, ce qui paraissait inimaginable au départ. Les associations restèrent vigilantes entre la première et la deuxième lecture des chambres, notamment en intervenant auprès des parlementaires pour qu'ils ne reviennent pas en arrière et que certains points jugés non-satisfaisants soient améliorés.
Objectif atteint fin 1992 puisque le projet de loi fut définitivement adopté à l'automne. Il interdisait désormais l'exportation de médicaments dangereux ou interdits en France.
Pour en savoir plus...
- Solidarité médicaments : mode d'emploi, J. Maritoux, B. Topuz, éd. Frison-Roche, 1991
- La situation pharmaceutique dans le monde, OMS, 1990.
- Le médicament au Maghreb et en Afrique Noire francophone, éd. Presses Universitaires de Grenoble, 1989.
- Exposed : Deadly exports - The story of European Community exports of banned or withdrawn drugs to the Third World, WEMOS Pharmaceuticals project 1991.
- German and Swiss drugs supplies to the Third World, BUKO Pharma-Kampagne 1990.
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