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Pourquoi cette campagne ? 
La campagne lancée en coordination avec le Collectif Narmada était motivée par trois projets de barrages en Inde, au Chili et en Thaïlande. Trois exemples de menaces pour l'avenir des populations et de leur environnement. En 1992, la Banque mondiale venait de voter (avec une voix française) la poursuite du financement du barrage de Sardar Sarovar situé dans la vallée de la Narmada, en Inde. Les travaux avaient déjà recueilli un premier prêt de 450 millions de dollars et ce, malgré l'absence de toute étude d'impact sérieuse. Suite à la nouvelle décision de la Banque mondiale, les associations françaises réunies au sein du Collectif Narmada avaient redoublé d'initiatives (lettres, pétitions &). Dans le même temps, l'Inde, incapable de satisfaire aux exigences de la Banque mondiale en matière d'environnement et de déplacement de populations, devait renoncer aux 170 millions de dollars supplémentaires. Au moment du lancement de la campagne, les associations locales craignaient que le pays se tourne vers d'autres bailleurs de fonds d'une part, que la Banque mondiale finance des projets similaires, d'autre part.
Au Chili, une zone occupée par 5000 familles était alors menacée d'immersion par le projet de construction de six barrages sur la rivières Bio-Bio. Là encore, un financement de plusieurs centaines de millions de dollars était prévu par la Banque mondiale. Dans le même temps des scientifiques dénonçaient les études menées par l'entreprise d'électricité, mettant en avant des alternatives énergétiques.
La Banque mondiale avait débloqué en octobre 1992, avec l'accord de l'administrateur français, un premier crédit de 22 millions de dollars affecté à la réalisation d'un barrage sur la rivière Mool, en Thaïlande. Cette fois, 1000 familles devaient être déplacées&
Les objectifs 
Interpeller des députés et le ministre de l'Economie afin que le vote français à la Banque mondiale soit conditionné au respect des critères sociaux et écologiques dans les régions concernées par les projets de barrage. En effet, tous les 3 ou 4 ans, la Banque mondiale fait appel aux Etats pour reconstituer son capital. Ce sont les parlementaires de chaque pays qui, lors de l'examen de la loi de Finances, votent les crédits versés par l'Etat à la Banque mondiale.
Demander au ministre des Finances qu'il donne des directives à l'administrateur français à la Banque mondiale pour qu'il intervienne en ce sens.
Inciter les députés à proposer la création d'un groupe d'étude parlementaire chargé du suivi de la politique française au sein des organismes multilatéraux.
L'action 
Ecrire au ministre de l'Economie et à un député.
Commander et diffuser des documents de campagne.
Les partenaires 
Collectif Narmada (27 organisations de protection de l'environnement, de solidarité internationale et de défense des droits de l'Homme)
Avec le soutien de :
Robin des Bois - RITIMO (Réseau d'information tiers-monde) - FRAPNA (Fédération Rhône-Alpes de la protection de la nature) - FIAN-France (Réseau d'information et d'action pour le droit à se nourrir) - Liaison Eau 2000 - Saône Vivante-Doubs Vivant - Solidarité Forêts
Les résultats 
Une délégation des associations soutenant la campagne (FIAN-France, CEDI et Agir ici) obtint un entretien avec M. François Richier, conseiller auprès du ministre des affaires étrangères. Au total 147 députés répondirent à l'interpellation citoyenne, treize seulement se déclarèrent favorables à la création d'un groupe d'études sur les financements multilatéraux. La réponse du Ministre de l'Economie se révéla décevante même s'il se déclarait en total accord avec les préoccupations de la campagne. Pendant ce temps en Inde, la construction du barrage se poursuivait, menaçant d'inondation de nombreux villages. Des centaines de personnes protestèrent sur place pour exiger l'arrêt des travaux et des dizaines furent arrêtées. Néanmoins, sous la pression de la société civile, les autorités indiennes acceptèrent finalement de rediscuter de l'ensemble du projet et nommèrent une commission d'experts indépendants. Plus de 3000 familles restaient menacées de déplacement sans aucun projet de réinstallation. Les associations interpellèrent donc de nouveau la Banque mondiale pour qu'elle intervienne auprès du gouvernement indien. En effet, même si la Banque n'avait plus d'engagement financier, elle avait toujours une part de responsabilité dans le sort de ces personnes car elle avait financé le projet pendant 5 ans. Elle s'est finalement retirée du projet en 1994 après 9 ans de lutte de la société civile.
Pour en savoir plus 
Bibliographie
- "Grands barrages, grands déserts", Christian Ferrié, Le Monde Diplomatique, février 1993 - "La mise en péril du droit à la terre par le projet de développement de la vallée de la Narmada en Inde", FIAN, Dossier n°6, février 93 - Rapport annuel, Banque mondiale - "High Dams on the Narmada", Vijay Paranjpye, Ed. Intach, 1990 - "Enquête sur la Banque mondiale", Zaki Laïdi, Ed. Fayard, 1989
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