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Pourquoi cette campagne ? 
En 1991, le sort des Kurdes du nord de l'Irak avait ému l'opinion publique française. Après avoir été incitée à se révolter contre le régime de Saddam Hussein, la population kurde fut abandonnée par la communauté internationale et s'enfuit vers la Turquie et l'Iran. Un élan de solidarité amena les autorités des pays occidentaux à protéger les Kurdes et à garantir leur retour en Irak. Plus de deux ans après, tout le monde semblait se désintéresser de la question kurde. Pourtant l'avenir de ce peuple restait incertain et il continuait à être persécuté en Iran, en Irak, en Turquie et en Syrie.
Cette campagne d'opinion visait à prouver aux responsables politiques français que le sort des populations kurdes continuait à intéresser les citoyens même si les feux de l'actualité étaient alors braqués vers d'autres régions du monde. Il s'agissait également de rappeler aux décideurs qu'une partie de l'opinion publique n'acceptait pas que la France, au nom d'intérêts géostratégiques, ferme les yeux sur les violations des droits de l'Homme dont étaient victimes les Kurdes.
Les objectifs 
L'objectif principal de cette campagne était la constitution d'un groupe d'étude parlementaire sur la question kurde ayant pour mission de suivre la situation politique, économique et des droits de l'Homme des Kurdes dans les différents pays où ils vivent (Turquie, Iran, Irak, Syrie&)
Autre sujet de préoccupation : la livraison imminente à la Turquie de vingt hélicoptères fabriqués par un consortium franco-allemand. Or, il existait un risque élevé qu'ils soient utilisés par la Turquie contre la population civile kurde. L'Allemagne venait d'exiger de la Turquie l'application d'une clause de non-utilisation des armes d'origine allemande contre la population civile. Pour contourner cette mesure, les hélicoptères allaient être 100% français. Les associations à l'origine de la campagne demandaient donc au gouvernement Balladur, qu'il exige, à l'instar de ses homologues allemands, qu'une clause identique accompagne la vente des hélicoptères.
L'action 
Ecrire au Premier Ministre, Edouard Balladur. Les signataires d'Agir ici étaient également invités à envoyer une carte postale à leur député afin qu'ils contribuent à la création d'un groupe d'étude parlementaire à vocation internationale sur la question kurde.
Commander et diffuser les documents de campagne.
Les partenaires 
Agir ensemble pour les droits de l'Homme - Fondation France-Libertés - Terre des Hommes France - Cimade - Maison du Monde - Peuples Solidaires - Comité national solidarité aux Kurdes - FIDH (Fédération internationale des droits de l'Homme)
Avec le soutien de :
Justice et Paix France - MAN (Mouvement pour une alternative non-violente) - Médecins du monde - Mouvement des objecteurs de conscience
Les résultats 
Malgré le contexte apparemment peu favorable dans lequel intervenait la campagne (l'arrestation d'une centaine de Kurdes en France pour " prévenir ou réprimer des actions terroristes " décidée par le ministère de l'Intérieur), bon nombre de députés se prononcèrent pour la défense des droits fondamentaux du peuple kurde. En revanche, la demande de création d'un groupe d'étude parlementaire sur la question kurde fut rejetée par la délégation du bureau de l'Assemblée nationale. Toutefois une " mission d'information sur le problème des minorités kurdes " devant rendre un rapport en juin 1994 fut créée. Au même moment un groupe d'étude sur le Tibet voyait le jour. Agir ici et ses partenaires jugeaient le refus de créer un groupe permanent d'étude sur la question kurde injustifiable. Ils continuèrent à interpeller les députés en ce sens.
De son côté, Edouard Balladur indiqua qu'il n'envisageait pas d'imposer à l'armée turque une clause de non-utilisation des armes d'origine française contre la population civile. Dans le même temps l'Allemagne suspendait toutes ses ventes d'armement à la Turquie en raison de la dégradation de la situation des droits de l'homme dans ce pays, décision approuvée par une résolution du Parlement européen.
Pour en savoir plus 
Bibliographie
- Le Monde Diplomatique, article de Michel Verrier, octobre 1993 - "La question kurde", Hamid Bozarslaa, Documentation française, n°709, 1993 - "Ma vie de Kurde", Nourredine Zaza, Editions Labor et Fides, 1993 - "Les Kurdes aujourd'hui", Christiane More, Editions L'Harmattan, 1984 - "Les Kurdes et le Kurdistan", G. Chaliand, Editions La Découverte, 1978 - "Le mouvement national kurde", Chris Kutschera, Editions Flammarion, 1979
Le Comité International pour la Libération des Députés Kurdes Emprisonnés en Turquie (106, rue La Fayette, 75010 Paris) dispose d'une documentation complète sur la question kurde et réalise un bulletin d'information comprenant une large revue de presse.
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