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Pourquoi cette campagne ? 
Parce que les populations de nombreux pays du Sud vivent ces tragédies que sont la misère, l'absence de libertés ou les conflits meurtriers (notamment, en 1995, le Rwanda, l'Algérie et la Somalie), et ce dans le silence international, Agir ici a décidé d'interpeller les candidats à l'élection présidentielle en 1995. Il s'agissait d'éviter qu'encore une fois, ils négligent la solidarité Nord-Sud mais aussi de leur rappeler que les électeurs exigeaient des engagements concrets dans ce domaine.
Les objectifs 
Le but de cette campagne était de prouver aux candidats qu'une partie significative de l'opinion s'intéressait aux questions Nord-Sud. Pour atteindre cet objectif, il fallait réunir plusieurs centaines de milliers de signatures et, si possible, constituer au niveau de chaque département un " comité de soutien " à cette pétition, réunissant les personnalités locales et régionales.
Ensuite, chaque citoyen, chaque association, était bien sûr libre d'exiger des candidats et du futur président, des mesures précises sur certains aspects des relations Nord-Sud.
L'action 
Signer et lancer la pétition dans ses réseaux familiaux, amicaux, professionnels et associatifs, la joindre à ses courriers, cartes de vSux&
Les résultats 
40 000 signatures. 60 associations mobilisées. Ces chiffres représentent un bon " score ". Par ailleurs, les reprises de cette initiative par les médias ont été assez nombreuses et de bonne qualité (Ouest- France, La Croix, Le Monde Diplomatique&). Enfin, cette pétition a permis que des dizaines de milliers de personnes soient attentives aux discours des candidats sur la question des relations Nord-Sud.
Malgré cette mobilisation et la gravité de la situation dans de très nombreux pays du Sud, les trois principaux candidats à l'élection ne se sont pas attardés sur les relations Nord-Sud. Ceci dit, le bilan de cette campagne a démontré qu'une partie de l'opinion est malgré tout consciente des liens étroits qui existent entre les décisions politiques et économiques prises par des pays comme la France, et la situation dans des pays du Sud.
*Le texte de la pétition :
" Dans les pays du Sud (le tiers-monde), des centaines de millions d'êtres humains vivent sans autre horizon que la misère et l'exclusion. Faim, analphabétisme, absence de soins médicaux, privation de liberté, nous ne nous résignons pas à l'inacceptable ! La France et les autres pays riches doivent assumer leurs responsabilités en s'engageant à combler le fossé qui continue à se creuser entre riches et pauvres.
Lutter contre cette dégradation, qui déséquilibre les relations internationales, exige une politique courageuse en rupture avec les politiques du passé.
De la même manière que nous attendons une réponse sur les problèmes de l'exclusion en France, nous demandons à chaque candidat de proposer des mesures concrètes pour combattre les inégalités dans le monde, entre riches et pauvres, entre le Nord et le Sud. "
Parmi les premiers signataires : Isabelle Autissier, Nathalie Baye, Pierre Bourdieu, Edmond Charles- Roux, Jean Chesneaux, Claude Cheysson, Didier Decoin, Mgr Jacques Delaporte, Danièle Delorme, Harlem Désir, Olivier Duhamel, René Dumont, Jacques Gaillot, Susan George, André Jacques, Bernard Langlois, René Lenoir, Christophe Malavoy, Daniel Mermet, Edgar Morin, Claude Piéplu.
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