|
Pourquoi cette campagne ? 
Lors du G7, qui s'était déroulé à Lyon à l'été 1996, les présidents du FMI et de la Banque mondiale avaient évoqué avec les "grands " de ce monde, le problème de la dette du tiers-monde : celle-ci, composée de la dette bilatérale (due à des pays particuliers) et multilatérale (due à des institutions comme la Banque mondiale et le FMI), s'élève alors à plusieurs milliards de dollars et concerne environ quarante pays du Sud.
Depuis plusieurs années, ces pays ont appliqué des politiques drastiques de réduction des dépenses publiques -au détriment des services sociaux-, dans le cadre des plans d'ajustement structurel imposés par les institutions financières internationales. Malgré cela, ils n'arrivent plus à payer leurs échéances ni leurs arriérés de paiement.
Or, l'endettement pèse lourdement sur leurs capacités de développement, et accentue donc le processus de paupérisation. Notons que les contribuables du Nord sont aussi concernés par ce problème, puisque après les populations du Sud, ce sont eux qui paient le prix d'un système dont les principaux bénéficiaires auront été des entreprises du Nord.
Ayant enfin pris conscience de la gravité de la situation, la Banque mondiale et le FMI avaient préparé un plan de réduction de la dette. Mais celui-ci était insuffisant.
Toute réduction de dette devrait par ailleurs être liée à des conditions de démocratisation et de lutte contre la corruption, afin d'éviter les dérives de certains régimes (comme le Soudan, le Cameroun, le Myanmar- Birmanie et le Zaïre).
Les objectifs 
Pour alléger la dette des pays les plus pauvres, la campagne demandait :
1- que les pays du G7 participent activement à la réduction de la dette des pays du Sud, en contribuant au fonds créé par la BM et en acceptant la vente d'une partie de l'or du FMI.
2- que le projet présenté par les IFI soit revu dans le sens d'une réelle réduction de la dette avant 2000 et de la prise en compte de critères sociaux (mortalité infantile, scolarisation&)
3- que soient posées des conditions de " démocratisation ".
4- que les pays du G7 s'engagent à respecter désormais certains principes :
gestion non-usurière de la dette restante, pas de nouveaux crédits pour des projets qui créeraient de nouvelles dettes sans, en contrepartie, participer au développement du pays.
5- que les parlements et les ONG, du Nord et du Sud, soient associés au suivi du projet de la Banque mondiale et du FMI, le Multilateral Debt Facility (transparence des informations sur le niveau d'endettement, coût budgétaire pour les contribuables du Nord&).
L'action 
Ecrire au Président de la République, à l'administrateur français qui siège au Conseil d'administration de la Banque mondiale et du FMI et à l'un des six ambassadeurs en France des autres pays du G7.
Commander des documents de campagne et les diffuser.
Les résultats 
Après des mois de tergiversations, les pays créanciers se sont enfin mis d'accord sur un plan de réduction de la dette. L'allègement portait sur 80% du total des dettes (bilatérales et multilatérales), ce qui est positif si l'on considère qu'auparavant l'annulation maximale ne pouvait porter que sur 67% de la dette bilatérale.
Cependant, la nouvelle réduction ne concernait que les dettes contractées avant 1985 (ce qui correspondait qu'à 30 à 50% du total). Second bémol : le plan adopté par les créanciers coûtait 7 milliards de dollars ; la dette totale représentant, elle, 2 000 milliards de dollars !
Malgré cela, ces décisions ont constitué une avancée importante, et celle-ci est à mettre au crédit des associations de solidarité travaillant sur ce thème.
Pour en savoir plus 
Bibliographie
- "Dette ou financement du développement", Jacques Adda et Elsa Assidon, l'Harmattan, Bibliothèque du développement, Paris, 1991 - "L'effet boomerang", Susan George, La Découverte, Paris, 1992
|