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 Pour l'an 2000,
 Annulons la dette !

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  Voir la campagne "A Lyon, brisons les chaînes de la dette !" (juin 96)

   

Les objectifs  Haut de page

  • Obtenir l'annulation pour l'an 2000 de la dette publique bilatérale et multilatérale des pays pauvres les plus endettés.
    Cette annulation doit s'effectuer dans la transparence avec la participation de la société civile.
    Les économies réalisées pourront ainsi être consacrées à des programmes de lutte contre la pauvreté : alimentation, logement, santé, éducation...
  • Obtenir des garanties pour que les futurs prêts soient octroyés dans des conditions satisfaisantes et utilisés pour des programmes en faveur d'un développement durable.
    Le développement durable vise à renforcer la démocratie et l'équité sociale, tout en préservant les ressources nécessaires aux générations futures.

Les populations des pays pauvres ont déjà trop payé pour rembourser la dette extérieure de leur pays ! Certes, la dette n'est pas la cause unique des problèmes de ces pays, mais elle les accentue, en grevant les ressources nationales et en creusant les inégalités sociales.
Aujourd'hui, le remboursement de la dette prime sur les besoins vitaux des populations. Le service de la dette coûte chaque année à l'Afrique sub-saharienne quatre fois ce qu'elle dépense en santé et en éducation.
Le règlement de la dette hypothèque toute perspective durable de développement. Les arriérés et les intérêts s'accumulent. Bien que l'Afrique subsaharienne ait déjà remboursé deux fois le montant de sa dette extérieure, elle se trouve trois fois plus endettée en valeur absolue en 1996 qu'en 1980. En 1996, cette même région a, pour 100 FF reçus au titre de l'aide au développement, remboursé 131 FF au titre de la dette et des intérêts.
Enfin et surtout, les populations du Sud subissent seules les conséquences du détournement ou de la mauvaise gestion des ressources par leurs dirigeants, lesquels ont été poussés par les prêteurs peu scrupuleux du Nord.
En quoi ces populations, si peu consultées, sont-elles redevables des aventures économiques dans lesquelles leurs dirigeants les ont fourvoyées ?
Le nouveau millénaire est l'occasion de libérer les populations pauvres du fardeau d'une dette insupportable et de leur offrir un nouveau départ pour un développement durable.

 

L'action  Haut de page

Annuler, c'est possible ...

Il n'y a pas de risque majeur à annuler cette dette. De toute façon, elle ne sera pas payée. Certains pays, dont la France, ont déjà tiré les conséquences de cette situation en annulant tout ou partie de leurs créances bilatérales vis-à-vis des pays pauvres très endettés. Aujourd'hui, l'annulation de l'ensemble des dettes publiques (bilatérales et multilatérales) de ces pays relève d'un décision politique.
L'annulation de la dette publique bilatérale égyptienne, en raison de l'attitude de ce pays pendant la Guerre du Golfe, tout comme l'annulation de cette dette polonaise, en sont des démonstrations récentes.

Pour la plus grande pétition mondiale !

Signez la pétition, diffusez-la, faites-la signer autour de vous.
Renvoyez-la à l'une des associations participantes (cf. partenaires).

 

Les cibles  Haut de page

Les pétitions françaises seront présentées au gouvernement français. Elles s'ajouteront ensuite à l'ensemble des pétitions remises aux pays du G7 à Cologne en juin 1999.

 

Les partenaires  Haut de page

AITEC (Association internationale de techniciens, experts et chercheurs) - CCFD (Comité catholique contre la faim et pour le développement) - Cimade - CRID (Centre de recherche et d'information pour le développement) - CSM - Instituts missionnaires féminins - DCC (Délégation catholique pour la coopération) - Etudiants et Développement - Ligue de l'Enseignement - Justice et Paix-France - Réseau Foi et Justice - RITIMO (Réseau dinformation tiers monde) - Secours catholique - Service d'entraide et de liaison - Service protestant de mission-DEFAP - Solidarité laïque

Avec le soutien de :

Afrique Verte - Anima'Fac - Appel des Cent pour la paix - BDE-ISTOM Agro-développement international - Bioforce - CADR (Collectif des associations de développement de la région Rhône-Alpes) - CASI Bretagne - CICDA (Centre international de coopération pour le développement agricole) - Cun du Larzac - Emmaüs France - Emmaüs International - Fédération Artisans du Monde - FFACE (Fédération française des associations chrétiennes d'étudiants) - Frères des Hommes - Groupe Développement - Handicap International - Ingénieurs sans frontières - Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté - Max Havelaar - MIR (Mouvement international de la réconciliation) - MOC (Mouvement des objecteurs de conscience) - MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) - Partage - Peuples solidaires - Réseau solidarité - Service de coopération au développement - Solidari'Terre - Solagral - Survie - Terre des Hommes - UCJG-YMCA (Union chrétienne de jeunes gens)

 

Les résultats  Haut de page

Maillon français de la campagne internationale Jubilee 2000, la campagne "Pour l'an 2000, annulons la dette !", lancée en février 1999 par près de soixante associations de solidarité internationale et coordonnée par le CCFD, a obtenu des résultats inattendus en quelques mois seulement.

Une très forte mobilisation
Vous avez été plus de 520 000 à signer la pétition demandant l'annulation de la dette des pays pauvres très endettés. Des conférences, animations, séances de signatures publiques ont été organisées partout en France. Malgré la complexité du sujet, un important travail de sensibilisation et d'éducation au développement a été accompli, travail qui a permis d'aborder une réflexion plus large sur les mécanismes économiques et financiers entre pays du Nord et du Sud.

La presse au rendez-vous
De nombreux médias ont présenté la campagne et plus généralement la question de la dette. Agir ici a ainsi pu évoquer la campagne sur France 2, à Place de la République, tandis que RFI, Africa N°1 et d'autres y consacraient plusieurs émissions. Des articles ont été publiés dans Le Monde, Libération, La Tribune, Jeune Afrique économie, Politis, Alternatives Economiques, La Croix, Témoignage Chrétien, Marchés tropicaux, Croissance, etc. Bref, la dette du tiers monde est redevenue un sujet d'actualité.

Concertation au sommet
Dès le 12 mars, les représentants de la campagne française étaient reçus à Bercy par M. Strauss-Kahn, ministre des Finances, et M. Josselin, ministre délégué à la Coopération. Une première ! Les ministres souhaitaient entendre les propositions des ONG et présenter l'initiative que le gouvernement français entendait soumettre à ses partenaires du G7 en matière d'allégement de dette. Lors de cette rencontre, le ministre des Finances a reconnu que son ministère n'avait guère la "culture du dialogue". L'AMI (Accord multilatéral sur les investissements) est passé par là et Bercy sait qu'une négociation multilatérale ne pourra plus se mener dans le secret.

M. Strauss-Kahn s'est ainsi formellement engagé à informer régulièrement la société civile des grandes négociations internationales menées par son ministère (OMC, Union européenne, Banque mondiale et FMI notamment). De fait, deux rencontres ont eu lieu avec les services de Bercy et de la Coopération au cours des semaines suivantes. Ces rencontres nous ont permis de suivre l'avancée des négociations au sein du G7 et du Club de Paris. Cependant, nous regrettons qu'en dépit de la volonté affichée d'une meilleure information de la société civile, les chiffres exacts des créances françaises auprès des pays pauvres ne nous aient jamais été communiqués. Enfin, à notre demande, une conférence de presse a pu être organisée à Bercy, en présence des deux ministres, pour que leur soient symboliquement remises les signatures recueillies et pour dresser le bilan de la campagne française.

Chaîne de la solidarité
Le 19 juin à Cologne, lieu de réunion du G7, les campagnes du monde entier se sont réunies en une formidable chaîne humaine de 35 000 personnes sur plus de 10 km à travers les rues. 17 millions de signatures ont été remises aux représentants du G7. Les délégués de la campagne française ont, eux, été reçus par les conseillers de MM. Jospin et Chirac.

Le G7 reprend l'initiative
La campagne internationale a porté ses fruits. La déclaration finale du G7 appelle de ses vSux "un allégement de la dette plus rapide, plus large et plus radical". Le G7 reconnaît ainsi les limites et surtout les lenteurs de l'initiative pour les pays pauvres très endettés (PPTE) mise en place lors du G7 de Lyon en 1996. A ce jour, une petite dizaine de pays est concernée par cette initiative et seuls deux d'entre eux (la Bolivie et l'Ouganda) ont réellement bénéficié des allégements. Le G7 a aujourd'hui annoncé des montants d'annulation bien supérieurs à ceux décidés par le passé. 70 milliards de dollars de dette seraient annulés (dont 20 milliards au titre de l'aide publique au développement et 50 au titre des dettes multilatérales ou commerciales).

Une générosité toute relative
On estime que 55 milliards de dollars de dette des PPTE, sur un total avoisinant les 230 milliards, sont considérés comme définitivement non remboursa-bles. Comme l'a dit le chancelier allemand lui-même, on annule ce qu'on a déjà perdu, ce qui n'entraîne pas de coût supplémentaire réel pour les créanciers. Il y a donc tout lieu de craindre que ne soient véritablement dégagés pour la lutte contre la pauvreté et le développement que des montants marginaux. Les allégements de dette concerneraient plus d'une trentaine de pays sur les 41 PPTE considérés. Or, seuls une dizaine d'entre eux se trouvent aujourd'hui dans le processus, les autres n'étant que "potentiellement" éligibles. Derrière ce "potentiellement" se dissimulent bien des restrictions. Les pays doivent en effet appliquer des politiques économiques "saines" celles dictées par le FMI pour prétendre au moindre allégement. Il est regrettable que l'initiative de Cologne ne sorte pas du cadre du dispositif PPTE et en reproduise les ambiguïtés. Les pays vont être plus que jamais contraints d'appliquer des programmes d'ajustement structurel aux effets trop souvent désastreux. Bien que les dirigeants du G7 aient plutôt invoqué la "bonne gouvernance", les critères n'ont pas changé. Au final, le FMI sort renforcé de cette initiative.

Chantier de longue haleine...
L'annulation de la dette n'a de sens que si l'on instaure des mécanismes de financement du développement assainis afin d'éviter que le système actuel ne génère de nouvelles dettes impayables. Au cSur de ce système se trouvent les institutions financières internationales, FMI et Banque mondiale. Les représentants des campagnes du Sud l'ont dit clairement. Ils ne veulent pas d'allégement de la dette au prix d'un renforcement des PAS. A nous d'en tirer les leçons et de renforcer, en collaboration avec nos partenaires du Nord et du Sud, la campagne internationale pour la réforme des IFI.

Au-delà de l'annulation, des propositions...
Si la décision politique d'annulation de la dette des pays pauvres très endettés est incontournable, elle n'a de sens que si elle s'accompagne des décisions nécessaires à la mise en place de nouvelles pratiques de financement du développement, condition indispensable au développement durable.

Les ONG mobilisées sur ces questions ont d'ores et déjà formulé des pistes d'action à cet égard :

  • Définir un droit international régissant la dette sur le modèle de la législation nationale de protection des ménages surendettés : principe de coresponsabilité, limitation des remboursements en fonction des capacités d'exportation, régulation des flux nets de transferts de capitaux...
  • Mettre en place une cour internationale d'arbitrage qui interviendrait en cas de difficulté de remboursement pour juger des responsabilités des emprunteurs, des prêteurs et des fournisseurs, les ONG pouvant se porter partie civile.
  • Poursuivre les efforts de lutte contre la corruption, et récupérer l'argent détourné à des fins personnelles et placé à l'étranger par les dirigeants des pays endettés.
  • Engager la réforme des institutions financières internationales pour qu'elles oeuvrent en faveur d'un développement durable.

 

Pour en savoir plus...  Haut de page

  • La dette du Tiers-Monde : état de la question, Archimède et Léonard, n°11, AITEC, 1994.
  • Crédits sans frontières, Susan George, Fabrizio Sabelli, La Découverte, 1994.
  • La dette des tiers mondes, Marc Raffinot, La Découverte, 1993.
  • La bourse ou la vie ?, Eric Toussaint, CADTM, 1998.
  • Rapport mondial sur le développement humain, PNUD, Economica, 1998.

 

 

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