|
- Prochaine Conférence ministérielle de l'OMC à Doha -
Objectif campagne : le droit à la protection de l'agriculture des pays du Sud doit être reconnu et appuyé.
Etat des lieux
Les trois quarts des 800 millions de personnes sous-alimentées sont des paysans. Leurs produits sont mis directement en concurrence avec des produits issus d'agricultures ayant des niveaux de productivité des centaines de fois plus élevés, donc vendus moins chers.
De plus, les montants considérables des aides versées par les pays riches au profit de leur agriculture pèsent sur les prix mondiaux, de ce fait largement artificiels. Ainsi, contrairement aux objectifs affichés de l'Accord agricole qui était de réduire ces soutiens, le niveau global des subventions à l'agriculture des pays de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) est passé de 247 milliards de dollars en moyenne par an entre 1986 et 1988 à 274 milliards en 1998.
Les pays du Sud n'ont aucune prise sur les prix internationaux et sont donc soumis à la concurrence déloyale des pays riches.
De nombreuses propositions
Protéger les agricultures paysannes par des protections aux frontières
En poussant au recentrage des activités de l'Etat, les plans d'ajustement structurel ont laminé les services d'appui au secteur agricole et imposé une ouverture des frontières. Les effets de la confrontation directe de systèmes de production agricole d'un niveau de productivité incomparable sont dévastateurs.
Compte tenu de ces contraintes budgétaires, le recours à la protection aux frontières apparaît comme la seule stratégie appropriée. Elle permet en outre de collecter des recettes douanières. Elle implique de renverser la tendance à la baisse des tarifs douaniers dans les pays en développement. Cette baisse hypothèque les capacités de ces pays à réguler leurs échanges alors que les accords de l'OMC leur en laissent la possibilité théorique (taux consolidés élevés).
Cela signifie aussi la mise en application effective et le renforcement du Traitement Spécial et Différencié (TSD) qui est issu du GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce) et des accords de Marrakech. Il reconnaît des différences entre pays du Nord et pays en développement (PED) en termes de ressources financières, de développement économique, institutionnel ou encore technologique, et prévoit des avantages spéciaux et des flexibilités particulières pour les pays en développement.
Favoriser les échanges intra-régionaux
La libéralisation des échanges peut être positive lorsqu'elle permet le développement des complémentarités entre agricultures de niveaux de productivité similaires. La constitution de blocs régionaux doit être soutenue. Ces espaces mieux protégés à leurs frontières extérieures, permettraient la reconquête des marchés vivriers locaux et régionaux et procureraient des ressources aux Etats pour la lutte contre la pauvreté et la politique agricole.
Reconnaître et valoriser les aspects non commerciaux de l'agriculture
Il est demandé de reconnaître les fonctions non commerciales de l'agriculture, c'est-à-dire de prendre en compte au-delà de la production agricole, d'autres fonctions : sécurité alimentaire, développement rural et lutte contre la pauvreté, aménagement du territoire, gestion de l'environnement, etc. Une intervention de l'Etat serait justifiée dans ce cadre et, par ce canal, les pays en développement pourraient défendre des politiques actives de sécurité alimentaire.
Haut de page
|