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Climat : état des lieux et perspectives&
Etat des lieux
"La dégradation de l'environnement frappe presque toujours plus durement ceux qui vivent dans la pauvreté. L'immense majorité des personnes qui meurent chaque année à cause de la pollution de l'eau et de l'air appartiennent aux populations les plus pauvres des pays en développement. Il en est de même des personnes les plus touchées par la désertification et il en sera de même de celles qui pâtiront le plus des inondations, des tempêtes et des mauvaises récoltes résultant du réchauffement de la planète. Dans le monde entier, ce sont les pauvres qui vivent généralement le plus près des usines polluantes, des routes à fort trafic et des décharges. La situation n'est pas dépourvue d'une certaine ironie. En effet, même si ce sont les pauvres qui supportent l'essentiel des conséquences des dégradations de l'environnement, ils en sont rarement les principaux responsables. Ce sont les riches qui produisent le plus de déchets et qui font peser les contraintes les plus fortes sur la capacité d'absorption de la nature."
Rapport mondial sur le développement humain 1998, PNUD
- Les températures moyennes de la planète se sont élevées de 0,6 degrés Celsius par rapport à celles de l'ère préindustrielle. Parmi les années les plus chaudes jamais enregistrées, douze sont postérieures à 1980.
- Les températures étant plus fortes, l'énergie qui gouverne les systèmes climatiques de la Terre est plus abondante et entraîne des perturbations du temps plus violentes, tel l'ouragan Mitch, qui a provoqué la mort de 10 000 personnes, détruit l'infrastructure et ruiné l'économie de deux pays d'Amérique centrale en 1998.
- La calotte glaciaire polaire a commencé à fondre. Le niveau de la mer est déjà monté de 10 à 20 cm entre 1870 et 2000.
- Des moustiques, vecteurs de maladies, remontent vers le nord, jusqu'à la latitude de New York.
Source : Edward Goldsmith et Jerry Mander " Le procès de la mondialisation " Fayard 2001
Perspectives
- Augmentation de 1,5 à 5,8 degrés Celsius des températures moyennes du globe d'ici 2100.
- Tempêtes et sécheresses plus fréquentes et violentes qui risquent de fortement perturber l'agriculture et de causer l'effondrement des économies.
- Elévation du niveau de la mer de 10 à 90 cm d'ici la fin du siècle prochain et pénétration d'eau salée dans les nappes phréatiques.
- Disparition de forêts (y compris la forêt amazonienne).
- Inondation des régions et des îles basses.
- Propagation de maladies endémiques comme le paludisme et la dengue.
- Fuite de millions de réfugiés écologiques devant l'avancée de la mer (la moitié de la population mondiale vit sur les côtes ou sur les estuaires) et des déserts.
Sources : Edward Goldsmith et Jerry Mander " Le procès de la mondialisation " Fayard 2001 ; Réseau Action Climat - France
Quelques exemples concrets
Afrique
En raison du changement climatique, l'élévation du niveau de la mer et de très violentes tempêtes risquent de provoquer l'inondation des régions de basse altitude. Sont particulièrement menacés des pays d'Afrique centrale et de l'ouest comme le Sénégal, la Gambie, la Sierra Leone, le Nigeria, le Cameroun, le Gabon ou l'Angola.
Une partie importante du nord du Delta du Nil risque de disparaître en raison de la combinaison des inondations et de l'érosion, cela entraînera la perte de terres dédiées à l'agriculture mais aussi d'aires urbaines. Une étude effectuée en 1992 estimait que l'élévation d'un mètre du niveau de la mer aurait comme résultat la perte de 2000 km² de terre à cause des inondations dans le Delta du Nil.
Amérique du sud
Une analyse des précipitations dans le Sud de l'Amérique latine et la partie Est de la cordillère des Andes indique que les précipitations annuelles dans la Pampa humide ont augmenté d'environ 35% au cours du siècle dernier.
Les deltas de l'Amazone, de l'Orénoque et du fleuve Panama sont menacés par la montée de la mer.
De même, l'intrusion d'eau de mer dans l'estuaire du Rio de la Plata produira des problèmes de réserve d'eau potable sur les deux rives, y compris l'aire métropolitaine de Buenos Aires.
L'un des impacts additionnels de la montée de la mer en Amérique Latine sera la migration de populations des zones inondées (réfugiés écologiques).
Les maladies infectieuses (choléra, malaria, dengue&), principale cause de mortalité en Amérique du Sud, élargiront considérablement leur zone d'influence avec le réchauffement climatique.
Asie
Au Bangladesh, 120 millions des habitants les plus pauvres de la planète vivent dans le delta du Gange et du Brahmapoutre. La hausse du niveau des mers rendra certaines régions côtières inhabitables, démultipliera les dégâts causés par les tempêtes et les typhons et introduira plus d'eau salée dans les nappes phréatiques.
Sources : GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'élévation du climat, organisme scientifique créé par les Nations unies) - Réseau Action Climat-France
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