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La dette écologique


Petite définition

La dette écologique fait référence aux dommages infligés par les sociétés industrialisées à l'environnement et aux pays du Sud dont les richesses naturelles sont massivement exploitées. Une minorité de populations riches surexploite les biens de la planète au détriment de l'environnement et de la grande majorité de la population mondiale privée de l'accès aux ressources naturelles. La dette écologique résulte de l'extraction massive des ressources pétrolières, minières et forestières, à l'origine de phénomènes de déforestation, de pollution des rivières, d'érosion de sols qui entravent le développement durable des sociétés du Sud.


Dette écologique et dette tout court

La dette écologique est étroitement liée à la dette financière dans la mesure où les pays endettés sont contraints d'exploiter et d'exporter massivement leurs richesses naturelles afin d'honorer le service de la dette, au détriment de la protection de l'environnement et d'une croissance économique équilibrée.


Quand la Banque s'en mêle&

L'argumentation néoclassique suppose que l'environnement a une capacité illimitée d'absorption des déchets issus des activités économiques. Dans un rapport interne de la Banque mondiale de 1991, Larry Summers affirme que " la logique économique sous-tendant le déversement d'une cargaison de déchets toxiques dans les pays à bas revenus est irréprochable ". Le décès d'un africain suite à la pollution toxique serait moins coûteux en termes économiques que celui d'un citoyen du Nord car la productivité par tête est moins élevée. Le transfert des industries polluantes dans les pays du Sud accroîtrait leur bien-être car il augmenterait leurs revenus financiers.


Les sociétés industrialisées ont une consommation en ressources naturelles qui excède la capacité de production et d'absorption de l'environnement. Ce sont des débiteurs écologiques, responsables du fait que l'humanité consomme 40% de ressources de plus que celles qu'elle peut produire durablement.

Les activités économiques humaines entraînent des émissions de gaz à effet de serre deux fois supérieures à la capacité d'absorption des écosystèmes. Les pays du Nord qui émettent les plus grandes quantités de dioxyde de carbone ont une dette envers l'environnement menacé et les sociétés du Sud qui utilisent moins que leur juste part de capacité d'absorption.

Le Protocole de Kyoto vise à ajuster les émissions de dioxyde de carbone. La vente d'émissions de gaz à effet de serre par les pays qui émettent moins que leur quota doit permettre de financer le développement des pays du Sud mais n'incite nullement les sociétés industrialisées à réduire leurs propres émissions. Le protocole de Kyoto ne reconnaît pas la dette écologique des pays du Nord.

Source : Service Rcuménique pour la Paix, Dette écologique : l'heure de payer a sonné dit le " Sud " au " Nord ", Collection " Economie et conflits ", Yaoundé, juin 2001.

 

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