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Les dossiers de presse des campagnes

 

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A qui vont les profits ? Etudes de cas


Shell au Nigeria

Plusieurs firmes multinationales (FMN) sont présentes au Nigeria, notamment Shell, Elf, Agip, Chevron, Mobil et Texaco. Elles contrôlent 98% des réserves pétrolières et des réseaux de production du pays. SPDC (Shell Petroleum Development Company of Nigeria) est la société pétrolière la plus importante au Nigeria, avec une production équivalant à la moitié de la production quotidienne nationale évaluée à 2 millions de barils.

SPDC est la composante opérationnelle de NNPC (Nigerian National Petroleum Company), une joint-venture dont 55% des parts sont détenues par NNPC, 30% par Shell, 10% par Elf et 5% par Agip. Les opérations de SPDC sont concentrées dans la région du Delta du Niger, une des zones pétrolières les plus riches du monde qui représente 75% de la production pétrolière du Nigeria et 50% des ressources du pays. SPDC intervient depuis 1956 dans la région, sur une surface estimée à 31.000 km². SPDC possède plus de 6.000 km d'oléoducs, 87 plates-formes pétrolières et environ 1.000 forages dans la région.

En 1993, SPDC était opérationnelle sur neuf sites pétroliers avec un total de 96 forages regroupés en cinq plates-formes. Ces champs pétroliers avaient une capacité de production de 28.000 barils par jour, soit environ 3% de la production pétrolière totale de SPDC. Fin 1992, la production totale de la région du Delta du Niger était de 634 millions de barils et estimée à 5,2 milliards de dollars. De cette somme, 15% étaient destinés à couvrir le coût de l'opération, 79% étaient destinés au Gouvernement Fédéral (royalties, taxes et parts de la NNPC) et 6% revenaient aux investisseurs privés, dont SPDC.

Selon la société Shell, et suivant un accord d'entente mutuelle passé en 2000 entre le Gouvernement fédéral et les grandes sociétés pétrolières, les marges de profit sont réparties de la façon suivante :
q Sur un baril à 19$, le gouvernement nigérian récupère 13,92$ en taxes, royalties et parts de bénéfices de la NNPC. Des 5,08$ restants, la majeure partie est destinée au recouvrement des coûts et aux investissements futurs, les investisseurs privés (Shell, Agip et Elf) récupérant 1,08$ à se partager.
q Sur un baril à 10$, les autorités nigérianes touchent 5$, la part des investisseurs privés étant de 88 cents.
q Sur un baril à 30$, la part du gouvernement s'élève à 24,79$, celle des investisseurs privés atteint 1,21$.

Malgré l'opposition déclarée des communautés Ogoni présentes dans le Delta du Niger et les pressions de gouvernements et organisations internationales dénonçant la répression du peuple Ogoni par les autorités nigérianes, la société Shell n'a pas modifié ses modalités d'intervention dans le Delta du Niger. Les perspectives de profit l'emportent sur les considérations humaines et environnementales.

Selon le rapport annuel 2000 du groupe Shell :
q Le bénéfice net du groupe Shell s'élevait à 12,719 millions de dollars en 2000, contre 8,584 en 1999.
q Le taux de retour sur investissement était de 19,5% en 2000, contre 12,1% en 1999.


Sources: http://www.shell.com/reports2000/htmlGlobal/frDownfin.html, www.shellnigeria.com


Le projet Tchad-Cameroun

Depuis plusieurs années, un projet d'oléoduc entre le Tchad et le Cameroun fait son chemin. Il prévoit l'extraction de 11 millions de tonnes de pétrole par an dans la région de Doba au sud du Tchad. Ce pétrole sera ensuite acheminé par un oléoduc long de 1070 kilomètres à travers le Cameroun jusqu'à la côte, d'où il sera exporté.
L'investissement total du projet atteint 4 milliards d'euros et se voit principalement assuré par les compagnies Petronas, Chevron et ExxonMobil&

En juin 2000, la Banque mondiale a accordé un prêt de 100 millions d'euros aux gouvernements du Tchad et du Cameroun pour leur permettre de participer au consortium réalisant ce projet d'oléoduc entre les deux pays.
Suite à cette véritable " caution " de la Banque, un certain nombre d'organismes se sont eux aussi lancés dans l'aventure. Le 15 juin 2001, un groupe bancaire comprenant le Crédit agricole Indosuez dégageait un prêt de 700 millions d'euros. Moins de dix jours plus tard, c'était au tour de la banque européenne d'investissement (BEI) d'annoncer un prêt de 144 millions d'euros pour la construction de l'oléoduc.

Pourtant, ce projet a toujours été vivement contesté par de nombreuses ONG locales et internationales. La Banque mondiale a d'ailleurs elle-même été interpellée à l'occasion d'une campagne d'opinion publique lancée en 1997 : " Banque mondiale : Pomp'Afrique des compagnies pétrolières ! ". Cela ne semble pas la gêner : elle a avalisé le projet et offre ainsi aux grandes compagnies du consortium un contrat fort juteux.


 

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