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Les dossiers de presse des campagnes

 

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Energies fossiles et minières : conséquences


Mine d'or de Sadiola (Mali)

En 1995, la Société financière internationale (SFI) a approuvé un financement de 64,8 millions de dollars pour l'exploitation de la mine d'or de Sadiola, à l'ouest du Mali, sous la responsabilité de la Société d'exploitation des mines d'or de Sadiola (SEMOS) . L'intérêt de la SFI et des multinationales pour le secteur minier malien se fonde sur le faible coût de l'extraction de l'or et la perspective d'importantes recettes d'exportation (95 millions de dollars de recettes annuelles moyennes pendant 14 ans à partir de 1997).

La région de Sadiola est à dominante rurale. Sa population est dépendante d'une agriculture de subsistance, d'activités pastorales, et des transferts d'argent des travailleurs émigrés. Le projet minier a facilité la création d'emplois dans le secteur minier et l'économie informelle. Cependant, les opportunités économiques liées à l'ouverture de la mine ont une durée de vie limitée et ne garantissent pas de développement économique durable. L'arrivée massive de travailleurs a entraîné des phénomènes de prostitution, d'où une résurgence de maladies sexuellement transmissibles. La perte de terres arables liée à la construction du site minier a été compensée par le versement d'indemnités monétaires. Cependant, ces compensations ne concernent que trois familles et ne permettent pas de reconversion économique durable. Il ne s'agit pas de réparations.
La construction de la mine a requis le pompage des eaux souterraines dont dépendent les populations locales. La mine est à ciel ouvert et dégage une poussière importante. La séparation de l'or et du minerai requiert l'utilisation de cyanure, qui se dépose dans des boues en surface et présente des risques de contamination des sources souterraines, entraînant une érosion des sols, une baisse des rendements agricoles et la recrudescence de maladies. L'acheminement du cyanure jusqu'à la mine se fait par camion. Les villageois relatent plusieurs accidents, notamment le déversement d'une cargaison en bordure d'une route à proximité d'une école.

Ce projet laisse augurer d'importantes retombées financières pour les investisseurs qui bénéficient par ailleurs de prêts avantageux grâce à la participation du groupe Banque mondiale. Les retombées pour les populations locales sont quant à elles plus qu'incertaines.

Sources : www.worldbank.org ; www.ifc.org ; www.france.diplomatie.fr ; www.proparco.com ; www.iamgold.com


Le " Paradoxe de l'abondance "

Le degré de dépendance des Etats aux industries extractives est en étroite corrélation avec leur niveau de pauvreté. Ces secteurs sont intensifs en capital et requièrent peu de main d'Suvre non-qualifiée. La richesse produite ne profite qu'à un secteur concentré de l'économie, généralement contrôlé par les investisseurs étrangers. Les retombées sur les autres secteurs sont quasiment inexistantes. Par ailleurs, les pays dépendants des industries minière et pétrolière sont particulièrement sensibles aux variations des termes de l'échange. Cette vulnérabilité à la volatilité du cours des matières premières et aux chocs économiques se traduit par une augmentation de la dette externe et une moindre diversification des économies.

Source : Rapport Oxfam America - Octobre 2001.


 

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