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Le pillage des ressources
Brevets au Nord, pillage au Sud
Les brevets sur le vivant facilitent les opérations de biopiratage. Chaque année, des entreprises ou des universités du Nord mènent des prospections dans les pays du Sud pour repérer les végétaux et les micro-organismes les plus intéressants. Ceux-ci sont alors brevetés puis commercialisés. Les populations locales, à l'origine du travail de sélection naturelle et de préservation des espèces, ne tirent aucun profit de la commercialisation de ces produits. Dans la plupart des cas, elles sont même exclues de l'accès à la ressource : celles-ci ne peuvent plus utiliser ces espèces végétales désormais brevetées, sauf si elles reversent des royalties au détenteur du brevet.
Des haricots qui font rire jaune
Une variété de haricots jaunes, cultivée au Mexique depuis des siècles, est devenue depuis 1999 le brevet exclusif de l'entreprise américaine PODNERS. Les modalités de cette invention laissent perplexes : en 1994, le Président de PODNERS, Larry Proctor, a acheté au Mexique un lot de haricots jaunes. Durant deux ans, il a planté les haricots et les a sélectionnés à chaque fois en fonction de leur teinte d'un jaune spécifique. Il a ensuite déposé aux Etats-Unis un brevet lui assurant un monopole pour tous les haricots possédant cette teinte jaune, variété qu'il a dénommé "Enola". Le Mexique devra dépenser 200 000 dollars pour montrer que l'"Enola" ne mérite pas un brevet et demander son annulation.
Source : Diffusion de l'information sur l'Amérique Latine, février 2001, n° 2134.
| Un rapport des Nations unies estime que le manque à gagner pour les pays en développement, qui se voient dépossédés de leurs ressources au profit des firmes multinationales, s'élève à 5,4 milliards de dollars par an. |
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