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L'argent coule à flots&
Tribulations anglaises à Trinidad
Severn Trent, entreprise britannique, a du quitter Trinidad en 1999 après cinq ans de gestion des services d'eau. Selon les syndicats, moins de 30 % des consommateurs recevaient une alimentation continue en eau. Seulement 30 % avaient accès à un système d'égout. Les tentatives de sauvetage de la firme ont coûté cher : outre des centaines d'emplois supprimés, un plan d'augmentation des tarifs de 16% par an jusqu'en 2009 avait été lancé. Malgré l'échec de cette gestion privée, le gouvernement est en train d'envisager une nouvelle concession pour trente ans au profit d'une autre enseigne.
Source : PSIRU (Water and Privatisation in Latin America), www.psiru.org
Et en France aussi !
Après dix ans de gestion de l'eau par la COGESE, filiale de la Lyonnaise des Eaux, les Grenoblois peuvent à nouveau boire de l'eau municipale. La privatisation des services d'eau de la ville en 1989 a été rendue possible par la corruption que les habitants ont payé au prix fort (augmentation importante des tarifs). L'exemple de Grenoble montre qu'il est possible de gagner la bataille contre la privatisation des services de base grâce à une forte mobilisation.
Source : Eau Secours, http://eausecours.free.fr
Risque minimum, profits maximums
En Equateur, le gouvernement, qui a lancé de vastes privatisations malgré les oppositions, se trouve au pied du mur. A Guayaquil, une entreprise nord américaine qui détient le monopole depuis 73 ans a intenté un procès contre le gouvernement qui ne respecte pas, selon elle, le contrat qui lui garantissait 9,25% de retour sur ses investissements.
Sources : 50 years is enough, www.50years.org ; PSIRU (Water and Privatisation in Latin America), www.psiru.org
Les multinationales raflent la mise
Le secteur de l'eau est fort profitable pour trois grandes entreprises françaises. Vivendi, SAUR (Bouygues) et Suez ont respectivement réalisés 5,9 milliards, 2,2 milliards et 4,8 milliards de dollars de chiffre d'affaires dans ce domaine en 1998. En Afrique, Vivendi est présent au Gabon, Kenya, Tchad, Burkina Faso, Niger... SAUR est actif en Côte d'Ivoire, Guinée, République centrafricaine, Mali, Mozambique et en Afrique du Sud. Enfin, les activités hydrauliques de Suez, aujourd'hui regroupées sous le nom d'Ondeo, s'exercent "seulement" en Afrique du Sud, Guinée Bissau et au Cameroun. Mais Suez rattrape globalement ce relatif handicap, se positionnant en leader mondial hors de France.
Sources : PSIRU (Water and Privatisation in Latin America), www.psiru.org ; www.canadians.org/blueplanet
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