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Le discours à l'épreuve des faits
Lutte contre la pauvreté ?
En septembre1999, les Institutions financières internationales lançaient en grande pompe une nouvelle initiative appelée Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP). Les CSLP marquent un changement de discours de FMI et de la Banque mondiale qui prétendent :
- faire de la lutte contre la pauvreté leur priorité ;
- faire en sorte que les stratégies de lutte conte la pauvreté soient élaborées par les pays eux-mêmes, en lien avec les acteurs de la société civile locale.
Les éléments observés au cours de l'élaboration des premiers CSLP et des CSLP intérimaires montrent que la logique n'a pas changée. Il s'agit toujours pour les pays de s'engager à mettre en Suvre un certain nombre de mesures qui devront être approuvées formellement par les conseils d'administration de la Banque mondiale et du FMI en échange de prêts ou d'allégement de dette.
Les programmes ainsi élaborés suivent la logique des politiques d'ajustement structurel. On y retrouve les mesures qui ont fait la preuve de leur nocivité (privatisations des services, mesures de recouvrement des coûts, réduction des budgets&) mais que les IFI continuent à pousser comme modèle de développement pour l'ensemble des pays pauvres.
Conditionnalité : le débat cadenassé
Fin 1999, le FMI avait multiplié les déclarations d'intention sur la priorité qu'il entendait désormais accorder à la lutte contre la pauvreté. Différents facteurs ont cependant conduit le FMI à un nouveau revirement : les conclusions du fameux "rapport Meltzer" (qui propose de circonscrire le rôle et l'influence des Institutions financières internationales), l'arrivée au pouvoir de l'administration Bush, mais aussi la persistance d'une opinion publique internationale profondément hostile à l'ingérence du Fonds et à l'idéologie qu'il véhicule& Dès septembre dernier, Horst Köhler avait annoncé que le Fonds comptait recentrer sa mission sur son mandat et son "cSur d'expertise", la stabilisation économique et la promotion de la croissance.
Cette nouvelle orientation se traduit aujourd'hui dans les débats qui animent le FMI et l'analyse menée s'apparente à un mea culpa. Le Conseil d'administration reconnaît ainsi que le Fonds s'est mêlé de questions qui outrepassaient son mandat. L'accent est mis en particulier sur la multiplication des conditions - surtout structurelles - à l'octroi de prêts, qui ont servi de leviers pour imposer des programmes exhaustifs et "parfois court-circuiter les processus de décision nationaux".
Le FMI va donc opérer un recentrage et un "dégraissage" de ses conditionnalités. Cela signifie toujours imposer des conditions, mais selon un "principe de parcimonie" et sur des points jugés "critiques". Cela veut dire aussi que le soin d'imposer les réformes structurelles moins "cruciales" sera dévolu à la Banque mondiale. Le passage de relais du FMI à la Banque mondiale ne change en rien la logique de la conditionnalité et les principes de l'ajustement structurel qui la sous tendent.
De plus si le FMI s'engage aujourd'hui dans une réforme de la conditionnalité, c'est parce qu'il considère que le système ne fonctionne pas, qu'il n'est pas assez performant pour conduire les pays à adopter les politiques que le Fonds juge utiles. Il s'agit donc plus pour le FMI de changer sa manière d'imposer ses politiques économiques et sociales que de changer les politiques elles-mêmes.
Sources : www.imf.org ; Reuters
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